Posted 2012/8/8

Mexique: Menaces de mort contre la journaliste défenseuse des droits humains Mme Lydia Cacho Ribeiro

Mme Lydia Cacho Ribeiro

Le 29 juillet 2012, l'éminente défenseuse des droits humains Mme Lydia Cacho Ribeiro a reçu des menaces de mort anonymes.

Lydia Cacho Ribeiro est directrice et fondatrice du Centro Integral de Atención a las Mujeres – CIAM (Centre intégral d'attention aux femmes) à Cancún, une ONG qui offre un soutien aux victimes de violences domestiques et sexuelles et de trafic sexuel. Elle a écrit six livres sur le crime organisé, la pornographie infantile et le trafic sexuel. En 2007, Lydia Cacho Ribeiro a reçu le Prix Ginetta Sagan d'Amnesty International pour la protection des droits des femmes et des enfants.

Le 29 juillet 2012, Lydia Cacho était chez elle à Cancún lorsque quelqu'un a tenté de la contacter sur son talky-walky qu'elle utilise seulement en cas d'urgence. Pensant qu'il s'agissait d'un collègue, la défenseuse des droits humains a répondu et un homme s'adressant à elle par son prénom lui a dit :"Ya te lo dijimos, pinche puta, no te metas con nosotros, se ve que no aprendiste con la vueltecita que te dieron. La que te va a tocar va ser en pedacitos, así te vamos a mandar a casa, en pedacitos, pendeja" (Je te l'ai déjà dit, sale putain, ne plaisante pas avec nous, je vois que tu n'as rien appris du petit voyage qu'on t'a fait faire. Tu vas finir en pièces, c'est comme ça qu'on te renverra chez toi, en pièces, salope). Lydia Cacho Ribeiro a porté plainte devant le parquet.

Ce n'est pas la première fois que Lydia Cacho Ribeiro est prise pour cible à cause de son travail en faveur des droits humains. Front Line Defenders a lancé plusieurs appels concernant les actes d'intimidation, surveillance et menaces de mort à l'encontre de la défenseuse en 2009, et au sujet de sa tentative d'assassinat en mai 2007. Lydia Cacho Ribeiro a aussi été brièvement détenue suite à la publication de l'un de ses livres "Les démons d'Éden". Dans ce livre elle affirmait qu'un réseau pédophile opérait sous la protection de certains politiciens et hommes d'affaires dans les États du Quintana Roo et de Puebla.

Le 10 août 2009, la Commission interaméricaine des droits humains a accordé des mesures de précaution à Lydia Cacho Ribeiro et a demandé aux autorités mexicaines de mettre en œuvre les dispositifs nécessaires pour garantir sa vie et d'ouvrir une enquête sur les menaces de mort, surveillances et actes d'intimidation qui ont donné lieu à la mise en place de mesures de précaution.

Front Line Defenders est profondément préoccupée pour l'intégrité physique et psychologique de Lydia Cacho Ribeiro et pense qu'elle est prise pour cible à cause de son travail en faveur des droits humains. Front Line Defenders fait aussi part de ses inquiétudes au sujet de l'impunité dont bénéficient ceux qui profèrent des menaces de mort au Mexique, et exhorte les autorités à renverser cette situation alarmante.

Une mise à jour est nécessaire pour cette action. Avant de poursuivre cette action, contactez info@frontlinedefenders.org pour plus d'informations.