Posted 2012/1/23
Inde: Assassinat du défenseur des droits humains et militant pour le droit à l'information M. S Bhuvaneswaran
Carte de l'IndeLe 10 janvier 2012, M. S Bhuvaneswaran a été assassiné par deux hommes armés de faucilles, à Kolathur, dans le district de Chennai dans l'état du Tamil Nadu.
M. Bhuvaneswaran était secrétaire de l'organisation pour la défense du droit à la terre, Veerapuram New Colony Housing Welfare Association et avait déposé des pétitions et des requêtes sur le droit à l'information (Right to Information -RTI), pour protester contre la spoliation des terres par des groupes mafieux qui seraient associés à d'anciens membres de l'Assemblée Législative (MLA) de la Dravidian Progress Federation (Fédération du Progrès des Dravidiens), un parti politique du Tamil Nadu.
Le 10 janvier 2012 vers 12h15, deux hommes, qui circulaient sur une moto, ont intercepté S Bhuvaneswaran près de chez lui sur Fifth Cross Street à Gandhi Nagar à Kolathur, alors qu'il rentrait chez lui en moto après avoir récupéré sa fille à l'école. L'un des hommes retenait sa fille pendant que l'autre portait plusieurs coups contre le défenseur avec une faucille. Les agresseurs ont fuit la scène, laissant la fille de S Bhuvaneswaran seule sur la route. Les voisins ont alerté la famille, qui a conduit S Bhuvaneswaran dans un hôpital proche, puis à l'hôpital universitaire Kilpauk Medical, où il a été déclaré mort à son arrivée.
Après cette agression fatale, le père de S Bhuvaneswaran, Siva, a porté plainte auprès de la police, accusant le MLA B Ranganathan, d'être à l'origine du meurtre de son fils, à cause d'un conflit lié à un terrain. Suite à cette plainte, la police a enregistré l'affaire en vertu de la Section 302, et quatre équipes auraient été formées pour retrouver les coupables, suspectés d'appartenir à la mafia et d'avoir agi sur ordre de B Ranganathan. Une affaire contre B Ranganathan a aussi été ouverte, au nom de la Section 120-B, pour complot criminel.
Dans sa plainte, Siva a expliqué comment il a reçu les pouvoirs de mandataire sur plus de 30 acres de terres à Moorai, près d'Avadi. Le propriétaire lui a donné 10 acres et il a divisé les 20 autres acres, qu'il a revendues au cours des cinq ou six dernières années. En raison de problèmes de santé, il a transmis l'affaire immobilière à son fils S Bhuvaneswaran.
Un groupe de personnes, qui serait soutenu par B Ranganathan, a mis la main sur 100 acres de terres, y compris les 30 acres sur lesquelles Siva est mandataire. S Bhuvaneswaran a entamé des procédures pour défendre ses terres, fait des demandes de RTI et organisé des manifestations afin d'attirer l'attention du gouvernement sur cette affaire.
Il avait réussit a reprendre possession de 18 acres de terres, et avait déposé des demandes de RTI pour récupérer le reste. Il avait aussi encouragé d'autres personnes spoliées à porter plainte auprès de l'Unité Spéciale du Ministère afin de récupérer leurs terres.
Le 7 juillet 2011, S Bhuvaneswaran avait aussi porté plainte contre B Ranganathan et trois associés, auprès de la police de l'usine de tanks d'Avadi, pour l'avoir menacé de mort. Selon certaines sources, la police ne lui aurait accordé aucune forme de protection après qu'il a déposé plainte.
B Ranganathan fait partie d'un groupe d'anciens membres de DMK à l'Assemblée Législative, accusés d'avoir volé des terres depuis que le All India Anna Dravida Munnetra Kazhagam (AIADMK) est au pouvoir. Le 2 août 2011, il avait été arrêté pour usurpation de terres, mais il avait été libéré sous caution. Il avait été de nouveau détenu en vertu de la loi stricte "Goondas Act".
Front Line Defenders pense que l'assassinat de S Bhuvaneswaran a un lien direct avec son travail en faveur des droits humains, notamment en faveur des questions relatives à la terre et aux campagnes contre la spoliation des terres à Chennai.
Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information










