Posted 2011/8/1
Brésil: Menaces de mort contre les défenseurs des droits humains Père Inaldo Serejo et M. Diogo Cabral
Le 25 juillet 2011, le Père Inaldo Serejo, Coordinateur de branche de l’état de Maranhão de la Comissão Pastoral da Terra – CPT (Commission Pastorale de la Terre), et M. Diogo Cabral, avocat de la Comisão de Direitos Humanos da Ordem dos Advogados do Brasil – OABMA (Commission des Droits Humains de l’Ordre des Avocats du Brésil, branche de Maranhão), ont reçu des menaces de mort alors qu’ils participaient à une audience préliminaire à Cantanhede (état de Maranhão).
Informations Complémentaires
CPT est une organisation qui travaille étroitement avec les syndicats, les mouvements des sans terre et les petits fermiers, dans leur lutte pour la réforme des terres.Le 25 juillet 2011, le Père Inaldo Serejo et Diogo Cabral se sont rendus à Cantanhede, Maranhão, afin d’assister à une audience préliminaire devant un tribunal local ( affaire N° 3432010), à propos de la propriété d’une zone de 1089 hectares de terres. Ces terres sont occupées par le Quilombola de Salgado à Pirapemas. Au début de l’audience, l’un des fermiers qui consteste la propriété des terres à crié depuis le pas de la porte, que les Quilombolas attiraient une attention indésirable sur la région, un commentaire directement destiné au Père Inaldo Serejo et à Diogo Cabral. Il a aussi fait référence à Soeur Dorothy Stang, assassiné en 2005 pour avoir défendu le droit de environnement et le droit à la terre dans la région.
En 2010, les travailleurs de Quilombola ont accusé les propriétaires terriens d’avoir pénétré sans autorisation sur les terres des Quilombolas, mais aussi de destruction de bien et de champs, d’avoir tué des animaux, d’avoir bloquer l’accès aux terres et aux points d’eau et d’avoir menacé de mort ceux qui travaillent sur les terres depuis 1981.
Le 7 octobre 2010, des tribunaux ont déclaré que les Quilombolas étaient les propriétaires des terres contestées. Suite à cette décision de justice, les grands propriétaires terriens locaux ont continué de pénétrer sans autorisation sur les terres et la communauté Quilombola a rapporté un certain nombre d’incidents, tels que des incendies criminels, des meurtres d’animaux et la création de sentiers à travers la forêts.
En profitant de changements au sein de la Cour du District, les grands propriétaires terriens ont fait appel de la décision de la Cour et, après une brève audience de 24 minutes, un ordre d’expulsion a été présenté à la communauté Quilombola. De plus, le 30 octobre 2010, le défenseur des droits humains, M. Flaviano Pinto Neto, leader d’une communauté et président de Associação dos Pequenos Produtores Rurais do Povoado do Charco (association des petits producteurs ruraux de la communauté Charco), a reçu plusieurs balles dans la tête et est décédé des suites de ses blessures.
Les menaces susmentionnées ont été proférées dans un contexte extrêmement dangereux pour tous ceux qui travaillent pour le droit de l’environnement et le droit à la terre au Brésil. La CPT a rapporté que, depuis 1988, plus de 1150 défenseurs du droit de l’environnement et du droit à la terre, petits paysans, juges, prêtres et autres travailleurs ruraux, ont été tués lors de conflits alors qu’ils tentaient de préserver leur terre. Ces meurtres sont généralement perpétrés par des hommes armés embauchés par des compagnies d’exploitations forestières, des propriétaires de ranchs et des grands fermiers, afin de faire taire les voix qui s’élèvent contre les coupes d’arbres illégales dans les forêts. Moins de 100 affaires ont été portées devant les tribunaux et un seul coupable est emprisonné.
Il est aussi très inquiétant que la Chambre des Députés du Congrès Brésilien ait récemment approuvé le nouveau Code des Forêts. Ces amendements pourraient grandement affaiblir le contrôle existant sur l’environnement et pourrait donc conduire à l’intensification des conflits existants. Au nom de ce nouveau Code des Forêts, les propriétaires responsables d’avoir commis des crimes contre l’environnement bénéficient d’une amnistie et sont donc exemptés de poursuites judiciaires, ce qui contribue à l’amplification du climat d’impunité pour les crimes perpétrés contre les défenseur-ses des droits humains qui défendent le droit de environnement.
Front Line pense que les menaces de mort contre le Père Inaldo Serejo et Diogo Cabral ont un lien direct avec leur travail légitime et pacifique en faveur des droits humains, notamment leurs efforts pour défendre le droit à la terre et pour la protection de la forêt amazonienne. Front Line believes that the death threats against Fr Inaldo Serejo and Diogo Cabral are directly related to their legitimate and peaceful work in defence of human rights, in particular to their efforts concerning land rights and the protection of the Amazonian Rainforest.
Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information











