Posted 2011/6/5
Brésil: Meurtre brutal de trois défenseur-ses des droits humains en Amazonie
Front Line est profondément attristée par les meurtres de trois défenseur-ses des droits humains écologistes, au Brésil. Le 27 mai 2011, le leader des réformes pour la terre, M. Adelino Ramos, surnommé 'Dinho', a été tué dans l’Etat de Rondonia en Amazonie. Trois jours plus tôt, José Cláudio Ribeiros da Silva et sa femme Maria do Espírito Santo da Silva ont été tués près de chez eux dans l’Etat de Para.
Informations Complémentaires
Adelino Ramos était Coordinateur du Movimiento Campones Corumbiara (Mouvement des paysans de Corumbiara) et s’était engagé dans la défense du droit à la terre pendant de nombreuses années. José Cláudio Ribeiros da Silva et Maria do Espírito Santo da Silva étaient membres du groupe écologiste Conselho Nacional das Populações Extrativistas – CNS (Conseil national des populations extractives) et leaders du Projeto Agroextrativista Praialta-Piranheira (Projet agro extractif Praialta-Piranheira) à Nova Ipixuna, dans l’Etat de Para.Le 27 mai 2011, Adelino Ramos a été tué par balle à Porto Vehlo, la capitale de l’Etat de Rodondia. Bien que les autorités aient déclaré qu’une enquête sur ce meurtre serait ouverte, il n’y a eu aucune arrestation à ce jour. Adelino Ramos était un important défenseur du droit à la terre, qui a dénoncé les exploitations forestières illégales dans la forêt amazonienne. En 1995, il a survécu à un incident violent, où près de 300 policiers avaient ouvert le feu sur un camp de travailleurs sans terre, près de la ville de Corumbiara, faisant au moins 10 morts.
Le 24 mai 2011, José Cláudio Ribeiros da Silva et Maria do Espírito Santo da Silva ont été pris dans une embuscade près de chez eux, et des inconnus leurs ont tiré dessus à plusieurs reprises. Ils avaient déjà reçu des menaces de mort, proférées par des exploitants forestiers et des éleveurs de bétail, à cause de leur travail pour défendre la forêt vierge ; ils avaient dénoncé ces menaces à la police. En novembre 2010, lors d’une conférence internationale à Manaus, José Cláudio Ribeiros da Silva avait fait part de ses inquiétudes pour sa sécurité, suite aux menaces reçues, et il avait prédit qu’il serait tué à cause de son travail. Les corps du couple ont été retrouvés dans la réserve naturelle de Praialta-Piranheira, où ils travaillaient depuis 24 ans.
La police enquête sur un quatrième meurtre, qui a eu lieu le 28 mai 2011. La victime pourrait avoir été témoin du meurtre de José Cláudio Ribeiros da Silva et Maria do Espírito Santo da Silva.
Outre ces meurtres qui sont extrêmement préoccupants, des amendements aux lois actuelles pour la protection de la forêt ont été adoptés par le Congrès. Ces amendements pourraient grandement affaiblir le contrôle sur l’environnement et pourrait donc conduire à l’intensification des conflits existants.
Les meurtres ont eu lieu dans le contexte d’une campagne visant à faire taire les défenseur-ses du droit à la terre au Brésil. Selon la Comissão Pastoral da Terra – CPT (Commission pastorale de la terre), depuis 1988, plus de 1150 défenseur-ses du droit à la terre, écologistes, petits fermiers, juges, prêtres et autres travailleurs ruraux, ont été tué-es lors de conflits pour la préservation de la terre. Les meurtres sont principalement perpétrés par des hommes armés embauchés par les exploitants forestiers, éleveurs et fermiers, afin de faire taire celle et ceux qui protestent contre les coupes illégales d’arbres dans les forêts. Moins de 100 affaires ont été portées devant la justice et seulement un coupable est actuellement emprisonné.
Front Line pense que les meurtres des défenseur-ses des droits humains Adelino Ramos, José Cláudio Ribeiros da Silva et Maria do Espírito Santo da Silva ont un lien direct avec leur travail en faveur des droits humains, notamment leurs efforts pour le droit à la terre et la protection de la forêt amazonienne.
Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information










