Posted 2010/12/16

Gabon: Campagne de stigmatisation dans les medias contre le défenseur des droits humains Marc Ona Essangui

Au cours des dernières semaines, le défenseur des droits humains M. Marc Ona Essangui est la cible d’une campagne de diffamation organisée par les médias pro-gouvernementaux au Gabon.

Informations Complémentaires

La campagne le vise à cause de son soutien au procès qui se déroule actuellement en France pour les biens qui auraient été acquis illégalement dans ce pays, par le Président Gabonais. Il s’agit du procès des « biens mal acquis » (BAM).

Marc Ona Essangui est coordinateur national de Publish What You Pay Coalition –PWYP (coalition Publiez ce que vous payez) au Gabon et secrétaire exécutif de l’organisation environnementale Brainforest. En janvier 2009, Front Line a publié un appel urgent au sujet de l’arrestation et de la détention de Marc Ona Essangui et de quatre autres défenseurs et journalistes, en décembre 2008, pour la même affaire.

Depuis que la Cour de Cassation française a rendu sa décision dans le procès des biens mal acquis, le 9 novembre 2010, plusieurs médias ont lancé une campagne de stigmatisation visant à discréditer Marc Ona Essangui. M. Gregory Ngbwa Minsta, fonctionnaire et plaignant au procès des BMA, qui faisait partie des personnes arrêtées en décembre 2008, est aussi visé par cette campagne.

Les médias à l’origine de cette campagne sont entre autre la première chaîne de la « Radio Télévision Gabonaise » (RTG1), le programme télévisé « Pluriel », le journal « L’ombre » et le quotidien « Gabon Matin ». Ce dernier a consacré six pages au procès des BMA dans son numéro 468 du 8 décembre.

Dans cet article comme dans les autres médias, Marc Ona Essangui est dépeint comme un agent mandaté pour déstabiliser le pays et travaillant pour un groupe d’organisations qui inclurait Extractive Industries Transparency Initiative (EITI), Global Witness, PWYP, Revenue Watch Institute, Open Society, Transparency International, Survie, et Sherpa.

Durant cette même période, le programme télévisé « Pluriel » aurait dit que Marc Ona Essangui est manipulé par Sherpa, Survie et Transparency International, complices des massacres et des guerres secrètes des grands pouvoirs africains et qui décernent des prix à des compatriotes. Cette déclaration est une référence probable au Prix Goldman décerné à Marc Ona Essangui en 2008 et au Prix de l’Intégrité 2009-2010 décerné par Transparency International à Gregory Ngbwa Minsta.

De plus, RTG1 aurait diffusé à plusieurs reprises pendant plusieurs jours, et notamment du 9 au 12 décembre, une conférence de presse organisée en décembre 2008 par l’ex-Ministre de l’Intérieur, et qui justifiait l’arrestation et la détention de Marc Ona Essangui.

Le Ministre avait déclaré avoir la preuve que Marc Ona Essangui et les autres personnes arrêtées recevaient un soutien financier des ONG françaises afin de déstabiliser le pays. Il avait aussi déclaré qu’elles étaient à la tête d’un vaste complot visant à inciter le peuple gabonais à se soulever et à recruter des gabonais dans les neuf provinces, en Afrique du Sud, en France et au Canada.

Depuis son arrestation en décembre 2008, Marc Ona Essangui est toujours en liberté provisoire. L’enquête contre lui n’a pas progressée et n’est pas close.

Front Line fait part de ses préoccupations concernant cette campagne de stigmatisation. Selon Marc Ona Essangui lui même, tous les éléments de la campagne ressemblent à la campagne qui a suivi la plainte à l’origine du procès des biens mal acquis et qui a préparé l’opinion publique à l’arrestation de 2008.

Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information