Posted 2010/7/22
Burundi: Arrestation du journaliste défenseur des droits humains M. Jean-Claude Kavumbagu

Le journaliste défenseur des droits humains Jean-Claude Kavumbagu a été arrêté pour trahison le 17 juillet 2010. Cette arrestation fait suite à la publication de deux articles au sujet de l'armée du Burundi. Jean-Claude Kavumbagu est Rédacteur de l'agence de presse en ligne Net Press.
Informations Complémentaires
Le 17 juillet 2010 vers midi, Jean-Claude Kavumbagu a été arrêté par la police burundaise alors qu'il se rendait au travail. La police était menée par le Colonel Nikiza, chef de la police de la région Ouest du pays. L'arrestation a eu lieu dans le parking des bureaux de l'agence Net Press à Bujumbura. Le mandat d'arrêt a été signé par le Procureur de la République de Bujumbura, M. Renovat Tabu. Après deux heures d'interrogatoire, Jean-Claude Kavumbagu a été conduit à la prison Mpimba. Le défenseur est accusé de trahison au nom des articles 570 et 571 du Code Criminel.
Selon certaines sources, il a été interrogé au sujet de deux articles publiés le 12 juillet 2010, qui traitaient respectivement, d'une opération militaire controversée dans la région de Kanyosha au cours de laquelle des civils ont été tués et, de la capacité des forces de sécurité et de défense d'empêcher la possibilité d'une attaque de la milice al-Shabaad au Burundi, suite à l'attaque de cette milice en Ouganda le 11 juillet 2010. Ce second article déclarait « Il y avait des réelles préoccupations à Bujumbura, tous ceux qui en ont entendu parler [des bombardements] hier à Kampala, étaient convaincus que si les miliciens d'al-Shabaad voulaient essayer quelque chose dans notre pays, ils y parviendraient avec une facilité déconcertante, [étant donné que] nos forces de défense et de sécurité brillent par leur capacité à piller et tuer leurs compatriotes au lieu de défendre notre pays ».
Le conseiller juridique de Jean-Claude Kavumbagu, qui n'était pas présent lors de l'interrogatoire du défenseur, a remis en question la légalité de son arrestation, déclarant que les conditions de la détention préventive n’étaient pas respectées car son client n'avait reçu aucune convocation pour être interrogé; s'il n'y avait pas répondu, cela aurait justifié l'arrestation. Il a aussi ajouté qu'aucune enquête supplémentaire ne vient justifier l'arrestation car les articles sont déjà publiés. Enfin, depuis la publication des articles le 12 juillet il n'y a eu aucun incident au niveau de la sécurité qui puisse justifier ces mesures. De plus, selon les provisions du Code Criminel, le crime de trahison est uniquement applicable en tant de guerre.
Jean-Claude Kavumbagu a déjà été arrêté à quatre reprises à cause de ses activités journalistiques et de son travail en faveur des droits humains. Il avait été arrêté en septembre 2008 pour diffamation, avant d'être acquitté en mars 2009. Front Line fait part de ses préoccupations concernant l'arrestation et la détention de Jean-Claude Kavumbagu et considère que cette arrestation est liée à son travail en tant que journaliste et défenseur des droits humains.
Front Line demande instamment aux autorités du Burundi de:
1. Libérer immédiatement et sans condition Jean-Claude Kavumbagu, car Front Line pense qu’il a été arrêté et placé en détention uniquement à cause de ses actions légitimes et pacifiques pour la défense des droits humains ;
2.Abandonner immédiatement toutes les charges contre Jean-Claude Kavumbagu, car Front Line pense qu'elles sont infondées et uniquement liées à son droit à exercer la liberté d'expression;
3. Prendre les mesures nécessaires afin de garantir l’intégrité physique et psychologique de Jean-Claude Kavumbagu et d'assurer que son traitement lors de sa détention soit conforme aux standards internationaux, «Principes fondamentaux relatifs à la Protection de toutes personne contre toute forme de détention ou d'emprisonnement », adoptés par l'Assemblée G2nérale de l'ONU, Résolution 43/173 le 9 décembre 1988;
4. Assurer qu’en toutes circonstances, tou-tes les défenseur-ses des droits humains au Burundi, puissent mener à bien leurs actions légitimes en faveur des droits humains, sans avoir peur et sans menace contre leur intégrité physique et psychologique.
Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information


















