Thaïlande

VUE D'ENSEMBLE

Les défenseurs des droits humains en Thaïlande sont victimes de menaces, d’agressions physiques, de détentions arbitraires, de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires, de surveillance et fichage, d’enquêtes criminelles et de diffamation.

Le Working Group on Justice and Peace - WGJP (Groupe de travail sur la Justice et la paix) a publié, en 2009, un rapport intitulé « Thailand's Unarmed Heroes: An Overview of the Situation of Human Rights Defenders » (Les héros non armés de Thaïlande: un aperçu de la situation des défenseurs des droits humains), dans lequel il met en lumière quatre points importants en Thaïlande: « De nombreux défenseurs des droits humains travaillent avec les migrants, surtout près de la frontière avec la Birmanie, ainsi qu’avec les victimes de la guerre agressive contre la drogue. D’autres défenseurs luttent en faveur des droits économiques à travers le pays ou bien ils œuvrent dans la zone de conflit dans les trois provinces du sud de la Thaïlande ».

En novembre 2008, Front Line a rencontré des défenseurs des droits humains dans le sud du pays et est extrêmement préoccupée par les constantes violations contre les organisations et les défenseurs des droits humains, ainsi que par l’impunité absolue dont jouissent les militaires et les autorités. La loi martiale a été introduite en janvier 2004 suite aux attaques menées par des groupes séparatistes dans les quatre provinces du sud, près de la Malaisie. La loi permet que des personnes soient détenues pendant sept jours sans charge. Le décret d’urgence, introduit en 2005, permet de détenir des personnes pour une période de 30 jours supplémentaires sans charge. Les défenseurs des droits humains du sud, et plus particulièrement ceux qui travaillent avec les victimes musulmanes du conflit, rapportent une mauvaise utilisation de la loi et du décret d’urgence, ainsi qu’un abus général du pouvoir par les autorités.

Les défenseurs qui effectuent des recherches sur des faits de violations des droits humains sont souvent harcelés et menacés par la présence de militaires dans les villages. Le climat général d’impunité qui règne signifie que les militaires contre lesquels une plainte a été déposée sont simplement transférés dans un autre village au lieu qu’une enquête soit menée et qu’ils soient traduits en justice. Dans le sud du pays, les défenseurs des droits humains travaillent dans le but de mettre fin aux violences et de soutenir les victimes des violences passées.

La crédibilité et l’image publique des défenseurs des droits humains en Thaïlande sont souvent bafouées à cause des déclarations des responsables du gouvernement, rapportées dans la presse de façon précise ou imprécise, dénigrant les ONG.

Les défenseurs des droits humains en Thaïlande ont rapporté être fréquemment victimes de campagnes de diffamation et de rapports négatifs. Ils sont accusés « d’obstruction au développement du pays » et d’être « des sources influentes qui doivent être vérifiées ».

Les défenseurs des droits humains birmans qui travaillent en Thaïlande sur la situation des droits humains en Birmanie sont régulièrement étiquettés comme étant des trafiquants de drogue, afin de les discréditer. Quelques agences gouvernementales auraient établi des listes noires d’organisations et d’individus, y compris des défenseurs des droits humains, qui, par conséquent, sont définis comme des menaces pour la sécurité et pris pour cible par la police et les services de renseignement au travers d'une surveillance ou d'autres actions de répression.

Les manifestations sont souvent violemment réprimées par la police. Il y a eu un certain nombre d’incidents lors des manifestations pacifiques organisées par les communautés locales contre la construction de gros projets tels que des barrages ou des oléoducs, qui ont été réprimées par la police, ce qui a mené à la détention de manifestants poursuivis ensuite pour des délits criminels. Les défenseurs sont victimes de poursuites judiciaires; de nombreuses organisations sont poursuivies devant les tribunaux ou des mandats d’arrêt sont émis contre leurs membres.

Malgré les nombreux défis, la communauté qui milite en faveur des droits humains est forte et déterminée, mais pense qu’elle opère dans un environnement où les coupables de ces violations sont protégés, et non ceux qui combattent l’injustice.

CASE INDEX

2012/03/5

Le 29 février 2012, le défenseur des droits humains Professeur Worajet Pakeerat a été agressé par deux hommes sur le campus Tha Prachan de la faculté de droit de l'Université Thammasat à Bangkok, où il est professeur de droit.

2012/02/22

Dix DDH seront jugés entre février et avril 2012, pour avoir pris la tête d'une manifestation pacifique contre la tentative de l'Assemblée Législative Nationale, d'adopter des lois non démocratiques en décembre 2007.

Jittra Kotchadej et Boonrod Paiwong
2011/12/9

L'audience préliminaire des défenseur-ses des droits humains Mme Jittra Kotchadej, Mme Boonrod Paiwong et M. Soonthorn Boonyord aura lieu le 23 décembre; la date de leur procès sera fixée lors de cette audience.

Somyot Prueksakasemsuk
2011/11/18

Le 15 novembre 2011, Front Line a publié un appel conjoint avec sept autres organisations, afin que les autorités thaïes abandonnent immédiatement...

Somyot Prueksakasemsuk
2011/11/18

Le 15 novembre 2011, Front Line a publié un appel conjoint avec sept autres organisations, afin que les autorités thaïes abandonnent immédiatement...