Rwanda

Au Rwanda, les défenseurs des droits humains sont victimes de harcèlement, d’intimidation, de menaces, d’arrestations arbitraires, d’enlèvements et certains d’entre eux ont été contraints de s’exiler. L’action des défenseurs rwandais des droits humains est contrariée par des autorités qui prétendent que ces défenseurs propagent une « idéologie génocidaire » et le « divisionnisme ethnique » et qui jouent sur des peurs persistantes depuis le génocide de 1994 au cours duquel 800 000 personnes au moins ont trouvé la mort.

En avril 2004, une commission parlementaire a pris dans son collimateur des organisations non gouvernementales (ONG) nationales et internationales indépendantes comme la LIPRODHOR (Ligue rwandaise pour la promotion et la défense des droits de l'Homme), le FOR (Forum des organisations rurales), des agences de développement international comme CARE et Trócaire ainsi que la presse indépendante, les églises et les écoles. Le rapport intitulé « Front Line Rwanda: Disappearances, Arrests, Threats, Intimidation and Co-option of Human Rights Defenders 2001 – 2004 » constate que le gouvernement assimile le contrôle des droits humains, l’éducation civique, le développement fondé sur les droits et toute critique envers la politique gouvernementale à de l’idéologie génocidaire. Les ONG sont tenues de demander un « certificat d’enregistrement » auprès du MINALOC (Ministère de l’Administration Locale, de la Bonne Gouvernance, du Développement Communautaire et des Affaires Sociales) et leurs activités et publications sont étroitement surveillées. Les organisations qui défendent les droits des communautés ethniques ont également été accusées de promouvoir le « divisionnisme ». Il existe bien une plate-forme de la société civile rwandaise, mais elle est constituée d’un certain nombre d’ONG pro-gouvernementales et d’ONG autrefois indépendantes mais dont les nouveaux dirigeants ont été cooptés. On ne peut donc pas la considérer comme un forum indépendant et ouvert à toutes les ONG de droits humains.