Pakistan

Malgré des garanties prévues par la Constitution pakistanaise, les défenseurs des droits humains font face à de sérieuses contraintes qui les empêchent de mener à bien leur travail de promotion et de protection des droits humains. Les défenseurs des droits humains ont dénoncé des arrestations arbitraires et des détentions sans charges ni procès, des actes de torture, des disparitions forcées perpétrées par les services de sécurité et de renseignement, ainsi que des exécutions extrajudiciaires. Sous l’égide de l’anti-terrorisme, les autorités pakistanaises ont de plus en plus recours aux détentions préventives sous prétexte de maintenir l’ordre. Les droits humains fondamentaux garantis par le droit pakistanais sont fréquemment violés.

Bien que la liberté de la presse soit un droit garanti par la Constitution pakistanaise, elle peut être abrogée si nécessaire « dans l’intérêt de l’Islam ou l’intégrité, la sécurité ou la défense du Pakistan ou toute partie du pays, les relations amicales avec les Etats étrangers, l’ordre public, la défense ou la moralité, ou si elle est liée à un outrage à la Cour, ou à la perpétration ou l’incitation à l’offense ». Ceci conduit à une large interprétation du droit, et les journalistes sont régulièrement harcelés parce qu’ils expriment des opinions considérées comme contraires aux intérêts du Pakistan.

Des rapports soulignent que le gouvernement pakistanais réintroduit de plus en plus une législation datant de l’époque coloniale afin de justifier l'interdiction de rassemblements publics. La section 144 du Code de Procédure Criminelle interdit les rassemblements de quatre personnes ou plus sans une autorisation de la police. De plus, depuis 2002, il existe un décret de « maintien de l’ordre public » qui semble avoir été utilisé afin de limiter la liberté de réunion et d’expression. Ce décret interdit tout discours public « qui pourrait causer au public peur ou confusion ».

Par ailleurs, le gouvernement a introduit une loi sur la taxation dans le but de refuser des exemptions de taxe à des organisations à but non lucratif. Ces associations, qui bénéficiaient auparavant d’exemptions, doivent maintenant s’inscrire auprès des autorités financières. Elles doivent aussi remplir certains critères afin de bénéficier d’une exemption de taxe. Ceci constitue une claire entrave à leur activité de défense des droits humains et de la société civile en général.

La liberté de mouvement des défenseurs des droits humain est aussi limitée, et ils font régulièrement face à des restrictions à leur droit de voyager. Ceux qui désirent se rendre à des conférences ou événements internationaux se heurtent à des retards de procédures et, dans certains cas, à des interdictions de voyager.