Une approche du développement basée sur les droits de l’homme
Il existe une convergence croissante entre les discours relatifs aux droits de l’homme et au développement et la pratique. Cette tendance vient du sentiment croissant que le développement économique n’a pas rempli sa promesse de préserver les gens de la pauvreté. Ce développement dirigé par le marché a, au contraire, fait naître des inégalités croissantes au sein et entre les nations, avec environ 1,2 billions de personnes vivant dans des conditions d’extrême pauvreté. Une approche du développement dans l’optique des droits de l’homme constate que les êtres humains ont une certaine dignité inhérente qui doit être assurée et conservée, ce qui doit être le but premier de toute activité de développement. Le droit international relatif aux droits de l’homme est le seul cadre international reconnu qui offre un corps de principes et un sens pratique du développement cohérents. Ce cadre fournit les outils permettant de mieux analyser la pauvreté en se focalisant sur le statut de chaque droit spécifique dans un pays donné, dans le but d’ébaucher des stratégies appropriées pour améliorer le statut des droits et poser des repères clairs pour leur réalisation. Les droits de l’homme peuvent aider à transformer les relations et les structures de pouvoir économique, social et politique aux niveaux local, national et international. Une approche du développement dans l’optique des droits de l’homme nécessite :
- la reconnaissance que les individus sont valables pour eux-mêmes, pas simplement pour leur potentiel en tant qu’agents économiques ;
- la reconnaissance que le développement est valable seulement parce-qu’il peut servir la promotion de la jouissance d’une plus grande liberté et permettre aux individus de vivre dignement ;
- un changement des mentalités et des processus de la part des acteurs/institutions du développement, de ce qui cherche à « sauver le monde » à ce qui cherche à « changer le monde », de manière à ce que les plus démunis puissent prendre le contrôle effectif des processus de développement qui les concernent ; et
- que les praticiens du développement localisent leur pensées et subordonnent leurs préférences aux priorité qui peuvent être établies par les pauvres eux-mêmes.
Les agences internationales de développement ont presque toutes axé la définition de leur mission sur la réduction de la pauvreté. L’évolution du concept d’articles sur les stratégies de réduction de la pauvreté qui engage les gouvernements à collaborer avec la société civile pour formuler des plans destinés à réduire la pauvreté a offert aux défenseurs des droits de l’homme des opportunités d’intégrer les droits de l’homme dans les objectifs de développement. Le Bureau du Haut Commissaire pour les droits de l’homme a produit une série de normes sur l’intégration des droits de l’homme dans les stratégies de réduction de la pauvreté. Une forte pression a également été effectuée sur les institutions financières internationales pour qu’elles considèrent la relation entre droits de l’homme et développement (voir Sigrun Skogly, Les obligations relatives aux droits de l’homme de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International.)
Voici quelques ressources supplémentaires sur ce thème :
- Droits de l’homme et développement humain, Rapport sur le développement humain 2002
- Déclarations et rapports de l'Expert indépendant des Nations Unies pour le droit au développement
- « Presentations on Experiences in Using a Human Rights Approach, Office of the High Commissioner for Human Rights (OHCHR) and UNICEF » (présentation vidéo)
- Intégration des droits de l'homme au développement