Sécurité pour les femmes défenseurs des droits humains
Les femmes défenseurs des droits humains payent un lourd tribut pour leur travail de défense et de promotion des droits humains. Les femmes défenseurs doivent faire face à des risques inhérents à leur genre et leur sécurité nécessite par conséquent une démarche spécifique. Voici une liste d’explications possibles :
Les femmes peuvent susciter de l’attention indésirable.
Les femmes défenseurs peuvent susciter de l’hostilité puisque leur double qualité de femmes et de défenseurs des droits humains pourrait braver des valeurs culturelles, religieuses et sociales locales de la féminité et du rôle des femmes. Les femmes défenseurs pourraient subir des violations des droits humains pas seulement par leur travail, mais simplement parce qu’être une femme qui travaille ou défendre les droits humains peuvent heurter les stéréotypes de la société de la nature soumise des femmes et les convictions à propos de leur statut.
Les femmes défenseurs devront peut-être enfreindre des lois patriarcales et des tabous sociaux.
Dans certains pays, défendre le droit des femmes à la vie et à la liberté a amené les femmes défendeurs à voir leur propre vie et leur liberté violées. De même, c’est pour avoir dénoncé des pratiques discriminatoires qu’une éminente avocate des droits de la femme a été poursuivie pour apostasie. Dans beaucoup de cultures, l’obligation pour les femmes de se soumettre aux hommes en public peut les empêcher de dénoncer ouvertement les violations de droits humains par des hommes. Certaines interprétations discriminatoires ou sexistes de textes religieux sont souvent invoquées pour maintenir ou établir des lois ou des pratiques qui ont un impact énorme sur les droits des femmes.
Il existe des types d’agressions spécifiques contre les femmes défenseurs.
L’hostilité, le harcèlement et la répression subis par les femmes défenseurs peuvent être spécifiques au genre et vont d’une violence verbale exclusivement destinée aux femmes au harcèlement sexuel et au viol. Les conséquences de telles agressions peuvent également être spécifiques aux femmes, avec une possible grossesse ou le rejet par la société.
Les femmes défenseurs se verront obligées de « défendre » leur intégrité:
Le professionnalisme des femmes et leur position dans la société peuvent être menacés et discrédités de manières qui leurs sont propres comme lorsque leur intégrité est mise en cause.
Leurs collègues masculins pourront ne pas comprendre, ou même rejeter, le travail des femmes défenseurs.
Les collègues masculins des femmes défenseurs des droits humains peuvent avoir les mêmes préjugés moraux que les personnes extérieures qui les agressent. Les hommes pourraient aussi se sentir menacés par la rivalité professionnelle avec une femme. Ceci peut donner lieu à des tentatives de marginalisation et de sape des femmes défenseurs des droits humains et peut parfois avoir pour résultat du harcèlement et de la violence contre les femmes défenseurs de la part de leurs collègues.
Les femmes défenseurs pourraient être victimes de violence conjugale:
La violence conjugale peut découler de structures de pouvoir changeantes dans les familles. Le rôle professionnel et l’habilitation grandissantes d’une femme défenseur pourraient amener son mari, partenaire ou les membres de sa famille à se sentir menacés et les pousser à vouloir mettre fin à ses activités ou à devenir violents. La violence conjugale à l’encontre des femmes comprend tout préjudice physique, sexuel et psychologique porté au sein de la famille, tels que la maltraitance, le viol conjugal, la mutilation génitale et d’autres pratiques traditionnelles portant atteinte aux femmes (voir ci-dessous).
Des obligations familiales supplémentaires:
Beaucoup de femmes défenseurs doivent s’occuper d’enfants et d’autres parents en plus de leur travail. De telles responsabilités surtout s’il y a des enfants en bas âge, influenceront de nombreuses décisions de sécurité qu’une femme défenseur sera amenée à prendre dans une situation de risque élevé.