Posted 2009/12/5

Colombie: surveillance et intimidation de l'avocat des droits humains M. Jorge Eliecer Molano Rodriguez et sa famille

L'avocat défenseur des droits humains M. Jorge Eliecer Molano Rodriguez et sa famille sont victimes d'actes d'intimidation et sont de plus en plus souvent surveillés. Jorge Eliecer Molano Rodriguez est le conseiller juridique de plusieurs organisations telles que Sembrar, l'Association Nomadesc, la Corporación Jurídica Utopía (Corporation Juridique Utopie) et Fedeagromisbol. De plus, il est le représentant juridique de victimes de violations des droits humains, notamment les familles des victimes du massacre de la Comunidad de Paz de San José de Apartado.

Informations complémentaires

Le 1er décembre 2009, le personnel engagé pour veiller à la sécurité de Jorge Eliecer Molano a appris qu'à trois occasions la semaine précédente, des inconnus en civil s'étaient rendus à la réception de la résidence où vit l'avocat, et avaient tenté d'accéder à son domicile. Les inconnus ont refusé de s'identifier ou de présenter leurs papiers d'identité. Lorsque le gardien de service a essayé de contacter l'appartement de Jorge Eliecer Molano afin de voir s'il était présent et s'il voulait les recevoir, les visiteurs ont quitté les lieux soudainement prétextant qu'ils le contacteraient plus tard.

Depuis quelques mois, le bureau de Jorge Eliecer Molano est surveillé par des inconnus en civil. La DAS a placé le téléphone portable de l'avocat sur écoute depuis 2004, dans le cadre d'une campagne générale de surveillance des défenseurs des droits humains, magistrats et leaders politiques. Le mois dernier, Jorge Eliecer Molano a rapporté l'augmentation de bruits étranges dans son téléphone et ses appels sont régulièrement interrompus.

Par ailleurs, de nombreux commentaires concernant Jorge Eliecer Molano ont été postés sur des forums sur Internet. Ces commentaires sont, par exemple: « Me dirijo exclusivamente al vulgar y desvergonzado eduarda (jorge molano) para manifestarle mi asco, mi repugnancia. huele a terrorista, a apátrida, a dinero de los infelices secuestrados, que le abonan seguramente cada quincena sus patroncitos del monte. si tiene familia, seguramente que caminan cabizbajos. me imagino que usted no sabe qué es honor » (Je m'adresse uniquement au vulgaire et sans honte Eduardo [Jorge Eliecer Molano] afin de lui faire part de mon dégoût, de ma répugnance. Il sent le terroriste, l'apatride, avec l'argent des malheureux otages, et son petit patron dans la montagne qui le paie certainement chaque quinzaine. S'il a une famille elle marche probablement la tête basse. J'imagine qu'il ne sait pas ce qu'est l'honneur). Le texte suivant est répété sur plusieurs pages Internet: « Queremos dejar constancia de que si algo nos sucede a nosotros o a algunos de nuestros familiares, responsabilizamos a la juez y a su asesor el abogado Jorge Molano, que nuestra sangre caiga sobre estos personajes » (Nous déclarons que si quoi que ce soit nous arrive, ou à quelqu'un de notre famille, nous ferons porter la responsabilité au juge et à son conseiller, l'avocat Jorge Molano. Que notre sang coule sur ces personnes). Ces déclarations sont signées M. Alberto Acosta, le nom d'un officier retraité de l'armée.

La compagne de Jorge Eliecer Molano a aussi été suivie à plusieurs reprises dans le centre et dans le nord de Bogota. Le 14 septembre, vers 19h00, elle a été suivie par un homme de forte carrure qui portait un pantalon noir, une veste claire et des chaussures noires. Il était brun avec la raie au milieu, la peau mate, un visage rond et un nez large. Il l'a suivie sur plusieurs pâtés de maisons, tout en restant visible.

Le 7 septembre 2009, vers 11h00, alors qu'elle venait de quitter une réunion au Colectivo de Abogados José Alvear Restrepo (Collectif des avocats José Alvear Restrepo), et qu'elle marchait dans la 7ème rue, elle a remarqué qu'un homme la suivait. Il était grand, de forte carrure, les cheveux courts, la peau mate et vêtu d'une chemise avec des rayures bleues et un jean. Après avoir remarqué cet homme, elle est entrée dans un bureau de tabac où il y avait beaucoup de monde afin d'être entourée. L'homme est entré et après avoir regardé autour de lui, mais de la voyant pas, il a quitté les lieux par une autre porte.

Front Line pense que la surveillance et l'intimidation contre Jorge Eliecer Molano et sa famille ont un lien direct avec son travail en faveur des droits humains, en particulier lorsqu'il aide les victimes de violations des droits humains en Colombie. Front Line considère que ceci fait partie d'une campagne de harcèlement contre Jorge Eliecer Molano, et est très inquiète pour son intégrité physique et psychologique et pour sa sécurité.

Front Line demande instamment aux autorités colombiennes de:

1. Mener immédiatement une enquête complète et impartiale sur le harcèlement contre Jorge Eliecer Molano et sa famille, avec l’objectif de publier les résultats de cette enquête, ainsi que de traduire en justice les responsables selon les standards internationaux;

2. Prendre les mesures nécessaires afin de garantir la sécurité et l' intégrité physique et psychologique de Jorge Eliecer Molano et de sa famille. Ces mesures doivent inclure une protection par un garde du corps 24h/24, des caméras de surveillance et des portes blindées à sa résidence;

3. Garantir que tous les défenseurs des droits humains en Colombie soient libres de travailler sans craindre ni restrictions ni représailles.

Une mise à jour est nécessaire pour cette action. Avant de poursuivre cette action, contactez info@frontlinedefenders.org pour plus d'informations