Posted 2013/10/16

Kenya : Arrestation et passage à tabac de sept défenseur-ses des droits humains, dont Mme Ruth Mumbi

Ruth Mumbi, l'une des défenseur-ses des droits humains arrêtés et maltraités auRuth Mumbi, l'une des défenseur-ses des droits humains arrêté-es et maltraité-es au Kenya

Dans la matinée du 15 octobre 2013, la police kényanne a arrêté sept membres de Bunge la Mwananchi car ils sont soupçonnés d'avoir participé à un rassemblement illégal, alors qu'ils-elles protestaient contre l'augmentation de 16% de la taxe sur les biens courants. Les personnes arrêtées sont Mme Ruth Mumbi et messieurs Francis Sakwa, John Koome, Winfred Olal, Chris Michael, Frederick Odhiambo et John Korir, l'actuel président de Bunge la Mwananchi.

Les manifestants ont été passés à tabac sur les lieux du rassemblement et placés en détention pendant près de quatre heures, avant d'être libérés sans charge.

Ruth Mumbi milite au sein de la communauté ; elle est fondatrice et actuelle coordinatrice nationale de Bunge la Wamama (le Parlement des femmes), une section féministe du mouvement Bunge la Mwananchi (le Parlement du peuple). Les deux groupes mènent des campagnes et plaident au sujet des questions liées à la justice sociale. Ruth Mumbi était aussi finaliste du Prix Front Line Defenders 2013 pour les défenseur-ses des droits humains en danger.

Dans la matinée du 15 octobre 2013, Ruth Mumbi et plusieurs collègues de Bunge la Mwananchi se sont rassemblés dans le centre ville de Nairobi et prévoyaient de manifester contre le la loi sur la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), adoptée en septembre 2012 et qui risque de trop peser sur le budget des plus pauvres au Kenya. Les sept défenseur-ses des droits humains susmentionnés ont été violemment roués de coups par la police avant d'être escortés au poste central de police de Nairobi, où leurs biens ont été confisqués et où ils ont été détenus pendant environ quatre heures. Les policiers qui ont procédé à l'arrestation ont indiqué qu'ils étaient mis en détention pour avoir organisé un rassemblement illégal. Aucune autre précision ne leur a été indiquée pendant leur détention.

Lorsqu'ils ont été libérés, le chef de la division de police (Officer Commanding Police Division OCPD) aurait déclaré que « suite à l'attaque de Westgate, nous n'autorisons plus les gens à se rassembler ». Cette déclaration faisait référence à l'attaque armée du centre commercial Westgate à Nairobi, entre le 21 et le 24 septembre 2013, lors de laquelle 72 personnes auraient été tuées.

Le 14 octobre 2013, une délégation de manifestants s'était rendue dans le même poste de police pour informer les policiers de leur intention de manifester et la police avait donné son accord verbal autorisant la manifestation. En vertu de l'article 37 de la constitution de 2010, les Kényans ont « le droit de manifester, de se rassembler, de tenir un piquet de grève, pacifiquement et sans armes, et de présenter des pétitions aux autorités publiques ». La loi ne requiert aucune forme d'autorisation préalable.

Front Line Defenders fait part de ses profondes préoccupations concernant l'arrestation et le violent passage à tabac de la défenseuse des droits humains Ruth Mumbi et ses collègues de Bunge la Mwananchi, ainsi que par la violation de leur droit de se rassembler pacifiquement pourtant inscrit dans la constitution du Kenya.

Une mise à jour est nécessaire pour cette action. Avant de poursuivre cette action, contactez info@frontlinedefenders.org pour plus d'informations.