Posted 2012/8/13

Ouzbékistan: MISE À JOUR – harcèlement continu contre la défenseuse des droits humains Mme Gulshan Karaeva et sa famille

Mme Gulshan Karaeva

Le 4 août 2012, le frère et la belle soeur de Gulshan Karaeva ont été convoqués au Département des Affaires Intérieures de Karshi, après avoir été victimes d'une violente attaque perpétrée par leurs voisins.

Gulshan Karaeva a aussi assisté à la réunion; un enquêteur et deux hommes qui selon la défenseuse appartiennent au Service de la sécurité nationale (SNB) étaient aussi présents.

Le 19 juillet 2012, la belle-sœur de Gulshan Karaeva passait dans son jardin lorsqu'elle a vu deux voisines, une mère et sa fille, dont l'une aurait des liens avec le SNB, en train de couper un arbre sur sa propriété. Elle leur a demandé pourquoi elles coupaient un arbre, et les femmes ont commencé à crier et à l'agresser physiquement. Elles l'ont mordue à la cuisse et lui ont griffé le visage. En entendant sa femme crier, le frère de Gulshan Karaeva est sorti et a tenté de séparer les femmes, mais il a aussi été blessé. Leur fille de neuf ans a aussi reçu des coups pendant que l'une des femmes lui tenait le bras derrière le dos. De plus, les voisines ont insulté la famille et ont dit qu'ils "devaient être détruits, car c'est une famille ennemie du peuple", en faisant référence à Gulshan Karaeva et à son frère exilé en Suède.

Depuis mai 2012, les actes de harcèlement contre Gulshan Karaeva n'ont connu aucun répit, et ses collègues et les membres de sa famille sont aussi pris pour cible. La femme de l'un de ses collègues a notamment reçu une photo du collègue en question et de Gulshan Karaeva; l'image truquée sur Photoshop montrait les défenseurs ayant une relation intime. En outre, dans ce qui apparaît comme une tentative du SNB pour prendre Gulshan Karaeva au piège, des inconnus lui ont rendue visite ainsi qu'à son collègue, demandant la protection d'organismes gouvernementaux. De même lorsque Gulshan et ses enfants étaient hors de Karshi pendant plusieurs jours, son compagnon et père de ses enfants a été convoqué au SNB et a reçu l'ordre d'indiquer où se trouvaient Gulshan et ses enfants. Il a aussi reçu l'ordre de ne parler de cette réunion à personne.

De plus, le 21 mai, un jeune homme a pourchassé Gulshan Karaeva, d'abord en marchant puis en courant après elle dans la rue, jusqu'à ce qu'elle se réfugie chez une connaissance et qu'elle leur demande qu'ils la raccompagnent chez elle. Depuis que les agressions et les actes d'intimidation et de harcèlement ont commencé en mai, elle a peur de sortir de chez elle, craignant d'autres agressions. Elle suit un traitement médical, car sa santé s'est dégradée.

Gulshan Karaeva a commencé à être harcelée en mai 2012 après avoir '''publié une déclaration annonçant que des officiers du SNB l'ont contactée et qu'elle avait décliné une proposition pour travailler comme informatrice pour le SNB. Le 19 mai 2012, elle a été attaquée par deux inconnus qui l'ont frappée à la tête et sur d'autres parties du corps. Cette nuit-là, des graffitis menaçants et humiliants avaient aussi été inscrits sur son portail et ceux de ces voisins. Pour plus d'informations concernant ces incidents, lire l'appel urgent de Front Line Defenders du 22 mai 2012 (Ouzbékistan: Craintes pour la sécurité de la DDH Mme Gulshan Karayeva et sa famille, après une agression physique et une série de menaces et intimidations).

Gulshan Karaeva craint qu'une affaire criminelle ne soit ouverte contre son frère et sa famille en lien avec l'agression dont ils ont été victimes. Elle a écrit aux autorités ouzbèkes afin de demander des mesures de protection pour elle et sa famille, ainsi que la fin des persécutions et de l'acharnement vraisemblablement orchestré par le SNB.

Front Line Defenders est profondément préoccupée pour l'intégrité physique et psychologique de Gulshan Karaeva et sa famille, et appelle les autorités à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour mettre fin à l'acharnement contre la défenseuse des droits humains, sa famille et ses collègues, car ces actes sont uniquement motivés par ses activités légitimes.

Pour plus d'informations sur la situation des défenseur-ses des droits humains en Ouzbékistan, cliquez ICI.