Posted 2012/8/5

Ouzbékistan: MISE À JOUR –Visa de sortie toujours refusé à Uktam Pardayev et acharnement judiciaire contre Uktam Pardayev et Mamir Azimov

M. Mamir Azimov

Plus de deux mois se sont écoulés depuis que Front Line Defenders a exhorté les autorités ouzbèkes de délivrer des visas de sortie à M. Uktam Pardayev et M. Mamir Azimov, mais celles-ci continuent de retarder les procédures.

Uktam Pardayev est président de l'Independent Human Rights Society of Uzbekistan IHRSU (association indépendante des droits humains en Ouzbékistan) pour la région de Djizak. Mamir Azimov est président de la Human Rights Society of Uzbekistan (HRSU) pour la région de Djizak.

Les autorités avaient déjà refusé de délivrer un visa de sortie du territoire aux deux défenseurs en 2012 et 2008 – pour plus d'informations, lire les appels urgents de Front Line Defenders du 10 mai 2012 et du 28 juillet 2008.

Le 19 juin 2012, le Djizak Otdel Viz I Registratsiy – OVIR (département des visas et des inscriptions) a convoqué Uktam Pardayev et Mamir Azimov dans ses bureaux de Tachkent afin de parler de leurs problèmes de visas. Ils se sont rendus à Tachkent le 20 juin, mais les agents de l'OVIR ont refusé d'entamer la discussion ou de donner une réponse définitive au sujet des visas. Lorsque les défenseurs se sont plaints au bureau de l'OVIR à Djizak, les autorités leur ont répondu de ne pas s'inquiéter et d'être patients car leur demande de visa dépendait de Tachkent.

Uktam Pardayev avait déposé sa demande de visa en décembre 2011 et sa demande a été refusée le 7 février 2012. À ce jour, les appels aux parquets local et régional, au Département des Affaires intérieures et aux tribunaux n'ont pas résolu le problème. Le 11 juin 2012 la Cour interdistrict de Djizak a écrit à Uktam Pardayev expliquant qu'elle n'était pas compétente pour examiner la plainte du défenseur sur la légalité de la décision l'OVIR.

Le 10 mai 2012, les deux défenseurs ont reçu un appel de l'OVIR de Djizak les informant qu'ils recevraient leurs visas mais qu'ils devaient d'abord obtenir des passeports "biométriques" conformément aux nouvelles procédures en vigueur en Ouzbékistan. Après avoir obtenu leurs nouveaux passeports "biométriques", ils ont continué à contacter l'OVIR afin de suivre l'avancement de la demande de visa, mais à chaque fois, on leur a dit d'attendre. Une représentante de Front Line Defenders a reçu les mêmes instructions lorsqu'elle a contacté l'OVIR au nom des défenseurs le 31 mai 2012.

Par ailleurs, en septembre 2011, Uktam Pardayev a été accusé d'une infraction administrative par les autorités de Djizak; elles prétendent qu'il a utilisé un langage abusif.Il avait ensuite été reconnu coupable et condamné à une amende de 1 million de soms ouzbèks (environ 420€) et toutes ces tentatives afin de faire annuler cette décision restent infructueuses. L'accusation repose sur un témoin qui a ensuite démenti avoir fait les déclarations qui lui sont attribuées.

Il semble aussi qu'une autre décision de justice, datée du 14 septembre 2011, était un autre moyen de punir Uktam Pardayev pour son travail en faveur des droits humains. Le tribunal avait statué qu'un espace public situé devant la maison d'Uktam Pardayev appartenait à son voisin, réduisant ainsi l'entrée du domicile du défenseur à un mètre, isolant la maison et empêchant aux véhicules d'y accéder. Uktam Pardayev avait fait appel, mais il a été rejeté par la cour d'appel régionale le 10 janvier 2012.

Front Line Defenders réitère ses profondes préoccupations concernant les refus de délivrer des visas à Uktam Pardayev et Mamir Azimov, et appelle le gouvernement d'Ouzbékistan à trouver une issue positive à la question des visas demandés par les défenseurs des droits humains et à mettre fin à l'acharnement judiciaire contre Uktam Pardayev car nous croyons fermement qu'il est lié à leurs activités en faveur des droits humains.

Pour plus d'informations sur la situation des défenseur-ses des droits humains en Ouzbékistan, cliquez ICI.