Sahara Occidental: refus de renouvellement des passeports des défenseurs des droits humains, Mme El Ghalia Djimi et M. Moustafa Al-Dah

Publié le 2010/01/25

Le 23 janvier 2010, les autorités marocaines ont refusé de renouveler les passeports des défenseurs des droits humains Mme El Ghalia Djimi et M. Moustafa Al-Dah. El Ghalia Djimi est vice-présidente de l'Association Sahraouie des Victimes de Graves Violations des Droits Humains (ASVDH), une organisation basée au Sahara Occidental qui surveille et documente des violations des droits humains. L'organisation milite aussi pour mettre un terme au climat d'impunité. Moustafa Al-Dah est membre du conseil de coordination de cette même organisation. Le 31 octobre 2007, Front Line avait déjà lancé un appel en faveur d'El Ghalia Djimi.

Informations complémentaires

Le 23 janvier 2010, le département des passeports de la ville de Laayoune, au Sahara Occidental, a refusé de rendre leur passeport à El Ghalia Djimi et Moustafa Al-Dah. Les deux défenseurs des droits humains avaient transmis leur passeport au département afin de les faire renouveler.

Cet incident a lieu dans un contexte où les actions des défenseurs des droits humains sont très limitées. Le 8 octobre 2009, sept défenseurs des droits humains qui travaillent pour plusieurs organisations au Sahara Occidental, ont été arrêtés alors qu'ils rentraient d'Algérie. Ils font désormais face à de graves accusations devant le tribunal militaire. Le 13 novembre 2009, lors d'un incident distinct, l'éminente défenseuse des droits humains Aminatou Haidar s'était vue refuser l'entrer dans son pays et avait été expulsée en Espagne. Elle a finalement été autorisée à rentrer chez elle après 32 jours de grève de la faim. De nombreux autres défenseurs des droits humains sont toujours détenus, victimes de harcèlement et ne sont pas autorisés à quitter le pays.

Front Line pense que le refus de renouveler les passeports d'El Ghalia Djimi et de Moustafa Al-Dah a un lien direct avec leur travail légitime et pacifique en faveur des droits humains, en particulier leur travail pour l'organisation ASVDH, pour laquelle ils documentent les violations des droits humains au Sahara Occidental, sous administration marocaine. Nous craignons que les mesures sévères contre les défenseurs des droits humains sahraouis soient une tentative afin de limiter leur travail légitime pour la défense des droits humains.