Posted 2012/7/12

Colombie: Menaces de mort contre des organisations et des défenseur-ses des droits humains

M. Iván Cepeda

Le 4 juillet 2012, 13 défenseur-ses des droits humains ont reçu un e-mail d'un groupe paramilitaire qui contenait des menaces de mort et déclarait que les défenseur-ses des droits humains sont des cibles militaires.

Le message daté du 4 juillet à 15h33 a été envoyé à M. Iván Cepeda, membre du congrès et porte parole du Movimiento Nacional de Víctimas de Estado – MOVICE (mouvement national des victimes de crimes d'État), Mme Gloria Cuartas et Mme Piedad Córdoba, membres du Colectivo de Colombianos y Colombianas por la Paz (Collectif des Colombiens et Colombiennes pour la paix), Mme Yessika Hoyos et Mme Soraya Gutiérrez avocates pour le Colectivo José Alvear Restrepo (CCAJAR), M. Diego Martínez et M. Jeison Paba Reyes du Comité Permanente de Derechos Humanos – CPDH (Comité permanent des droits humains), Mme Aida Quilcué du Consejo Regional Indígena del Cauca – CRIC (Conseil indigène du Cauca), M. José Humberto Torres et M. Franklin Castañeda du Comité de Solidaridad con los Presos Políticos – CSPP (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques), M. Pedro Geney membre des branches du MOVICE et H.I.J.O.S. à Sucre, Mme Lilia Solano présidente de Proyecti Justicia y Vida (projet justice et liberté), et M. Juan Díaz Chamorro leader de la branche du MOVICE à Sucre et fils d'Eudaldo Díaz, maire assassiné d'El Roble.

L'e-mail écrit par l'Armée antirestitutions de terres disait: "Nuestro ejercito tiene instrucciones claras para dar de baja a estos malparidos que quiere quitarle la tierra los ciudadanos de bien para darsela a guerrilleros igual que ellos. Quedan advertidos y en conocimiento pues te tenemos plenamente identificado sus esquemas y a los que no tambien hijueputas guerrilleros de mierda que con la excusa de ser defensor de derechos humanos pretenden mediante toda clase de arbitrariedades despojar de sus terrenos a los verdaderos propietarios para que terminen en manos de un puñado de guerrilleros malparidos hijos de perra" (notre armée a des instructions claires pour se débarrasser des ces bâtards qui veulent prendre la terre aux bons citoyens pour la donner aux guérilléros comme eux. Vous êtes avertis et vous savez que nous vous avons complètement identifiés, et vos plans, et aussi les fils de putes de la guérilla qui, avec l'excuse d'être des défenseurs des droits humains, cherchent par tous les moyens arbitraires à prendre les terres des vrais propriétaires pour les donner à une poignée de sales guérilléros fils de putes).

En janvier 2012, la loi sur les victimes et les restitutions de terres, signée en juin 2011, est entrée en vigueur en Colombie. La loi vise à fournir une réparation aux victimes dont les droits humains ont été bafoués pendant le conflit armé et à restituer la terre à ceux à qui elle a été spoliée par les groupes armés. L'armée contre les restitutions de terres affirme être un nouveau groupe armé créé pour combattre ce qu'elle estime être une restitution de terre injuste et pour défendre les intérêts de ceux qui ont profité des spoliations de terres et du déplacement des fermiers. Cet e-mail a été envoyé dans un contexte où de nombreuses menaces sont proférées contre les défenseur-ses des droits humains et les organisations qui travaillent avec les communautés sur les questions relatives à la terre.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par la sécurité et l'intégrité physique et psychologique des défenseur-ses des droits humains, ainsi que pour la sécurité de tous les membres de ces organisations, et pense que ces menaces de mort ont un lien direct avec leurs activités légitimes en faveur des droits humains. Étant donné que la Colombie continue d'enregistrer le plus haut taux d'agression contre des défenseur-ses des droits humains, y compris les assassinats, et au vu des liens supposés des groupes paramilitaires d'extrême droite avec les agence chargées de la sécurité de l'État, Front Line Defenders exhorte une nouvelle fois les autorités à mettre en place les mesures nécessaires afin de protéger les personnes toujours en danger à cause de menaces.

Une mise à jour est nécessaire pour cette action. Avant de poursuivre cette action, contactez info@frontlinedefenders.org pour plus d'informations.