Posted 2012/7/8

Pérou: Arrestation arbitraire et violente du défenseur des droits humains Père Marco Arana Zegarra, qui pourrait faire l'objet de fausses accusations

Père Marco Arana Zegarra

Le 4 juillet 2012, le Père Marco Arana Zegarra a violemment été arrêté par près de 20 officiers de la police antiémeute à Cajamarca au Pérou. Bien qu'il ait été libéré aux premières heures du jour le 5 juillet, de fausses accusations pourraient être portées contre lui.

Marco Arana Zegarra est un éminent militant pour le droit environnemental et fondateur du Grupo de Formación e Intervención para Desarrollo Sostenible – GRUFIDES (groupe de formation et d'intervention pour le développement durable). GRUFIDES promeut le développement durable à travers de la protection de l'environnement et de la gestion durable des ressources naturelles, en se concentrant en particulier sur le respect des droits humains.

A présent, le principal centre d'attention de GRUFIDES est l'opposition pacifique au projet minier Conga, dont Newmont Mining Corporation détient une part majoritaire. Les principales préoccupations autour de ce projet sont l'absence de consultation des parties prenantes locales et l'absence d'indépendance et de bases scientifiques concernant l'évaluation de l'impact environnemental, et l'impact néfaste au niveau environnemental, social et culturel du projet.

Le 4 juillet 2012 vers 12h00, Marco Arana Zegarra était assis et tenait deux pancartes sur lesquelles était inscrit: "Vida y agua si" (la vie et l'eau oui) et "Oro no" (l'or non), sur la Plaza de Armas à Cajamarca, lorsqu'il a été violemment été arrêté par près de 20 officiers de la police antiémeute. Les policiers n'auraient pas averti le défenseur avant de s'en prendre violemment à lui, en le jetant au sol, en lui donnant des coups de poing et des coups de pieds. Ils l'ont ensuite conduit dans une camionnette. Les policiers n'ont pas présenté de mandat d'arrêt et ne lui ont pas donné les motifs de l'arrestation.

Marco Arana Zegarra a été conduit au premier poste de Cajamarca, où il a de nouveau été passé à tabac. Le défenseur a été libéré aux premières heures du jour le 5 juillet.

Le procureur local, M. Johnny Diaz, aurait déclaré que l'arrestation de Marco Arana Zegarra était liée à l'organisation de réunions, une activité interdite en vertu de l'état d'urgence actuellement en vigueur à Cajamarca. Le procureur général aurait demandé à un autre procureur d'enquêter sur la violence employée par la police contre le défenseur.

Le 3 juillet 2012, le gouvernement péruvien a déclaré l'état d'urgence à Cajamarca pour la troisième fois depuis juillet 2011, en raison des manifestations régionales contre le projet minier Conga et à cause d'une manifestation à Celendin lors de laquelle des violences ont éclatées entre les forces de sécurité et les manifestants, faisant quatre morts. L'état d'urgence limite certains droits et permet à la police d'arrêter des personnes sans mandat. Il autorise aussi l'armée à intervenir aux côtés de la police. Le ministre de la Justice aurait déclaré que Marco Arana Zegarra se trouvait à Celendin au moment des troubles et nous craignons que les autorités ne cherchent à le rendre responsable des morts, et ce, bien qu'il n'ait rien à voir avec les violences.

Le 23 avril 2007, la Commission Interaméricaine des droits humains a accordé des mesures de précaution à Marco Arana Zegarra face aux menaces proférées contre lui par des individus favorables aux activités minières dans la région.

Front Line Defenders condamne l'arrestation arbitraire de Marco Arana Zegarra ainsi que les violences dirigées contre lui. Front Line Defenders considère que ces actes ont un lien direct avec les activités légitimes de Marco Arana Zegarra en faveur des droits humains, et en particulier son opposition aux activités minières dans la province de Cajamarca.

Une mise à jour est nécessaire pour cette action. Avant de poursuivre cette action, contactez info@frontlinedefenders.org pour plus d'informations.