Posted 2012/6/19

Oman: Vague d'arrestations et de détentions arbitraires de défenseur-ses des droits humains

L'un des DDH arbitrairement arrêtés

Au moins treize défenseur-ses des droits humains ont été arbitrairement arrêté-es les 8 et 11 juin 2012, alors qu'ils-elles appelaient à la libération de tous-tes les défenseur-ses des droits humains détenu-es à Oman.

Ils-elles risquent d'être accusé-es de "trouble de l'ordre public", ce qui est considéré comme une infraction liée à la sécurité nationale et punissable de 15 ans de prison. La vague d'arrestations a commencé le 31 mai lorsque trois défenseur-ses des droits humains ont été arrêté-es alors qu'ils-elles rendaient une visite de soutien aux travailleurs du secteur pétrolier en grève sur le gisement de pétrole d'Al Fuhoud.

Le 11 juin 2012 au cours d'une manifestation qui appelait à la libération de tous-tes les défenseur-ses des droits humains détenu-es à Oman, les défenseur-ses des droits humains suivant-es ont été arrêté-es et sont actuellement détenu-es à la prison centrale de Samail, à près de 70km à l'est de Mascate: Mme Basma Al Khayoumi, une avocate qui a déjà été plusieurs fois arrêtée et interrogée dans le passé; l'écrivain M. Sa'id Al Hashimi et l'animatrice radio Mme Basma Al Rajhi, tous deux enlevés et torturés en 2011; l'écrivain M. Samaa Issa (libéré le 13 juin); M. Mukhtar Al Hana'i, arrêté avec son père et son frère âgé de 14 ans; le journaliste M. Nassir Saleh; le blogueur M. Abdalla Al Badi; le blogueur Fahd Al Kharousi et la blogueuse Mme Fatma Al Bousaidi. Basma Al Khayoumi, Sa'id Al Hashimi et Basima Al Rajhi auraient entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention arbitraire et celle de leurs collègues défenseur-ses des droits humains.

Parmi les personnes arrêtées le 8 juin 2012 il y avait les écrivains M. Hamoud Al Rashidi et M. Nabhan Al Hinshi, le blogueur M. Hasan Al Ruqayshi et l'écrivain et poète M. Hamad Al Kharousi. Le jour de leur arrestation, ils avaient signé une pétition adressée aux autorités et qui appelait à la libération des défenseur-ses des droits humains incarcéré-es. Ils seraient détenus dans une section spéciale de la police Omanie à Mascate.

Les trois défenseur-ses des droits humains arrêté-es le 31 mai alors qu'ils-elles rendaient visite à des travailleurs grévistes du gisement de pétrole d'Al Fuhoud, sont la journaliste et militante pour les droits sociaux Mme Habiba Al Hana'i, l'avocat M. Yaqoub Al Kharousi et l'éminent blogueur Ismail Al Muqbali. Tous trois sont membres fondateurs du Groupe Omani pour les droits humains. Après leur arrestation, ils ont été transférés vers la section spéciale de la police Omanie à Muscat, et accusés de "troubles de l'ordre public". Les deux premier-es défenseur-ses des droits humains ont été libéré-es sous caution le 4 juin, mais Ismail Al Muqbali est toujours détenu.

Après les arrestations du 31 mai, le procureur général a publié une déclaration dans laquelle il menaçait d'intenter des actions en justice contre ceux "impliqués dans des écrits préjudiciables et des appels au trouble sous prétexte de la liberté d'expression", qu'il juge nuisibles à l'intérêt national et contraire à l'ordre public. Il a ajouté que de tels actes étaient punis par la loi. Il faisait référence au travail des défenseur-ses des droits humains et des blogueurs, et en particulier à leurs appels au respect de la liberté d'expression et de réunion et leurs critiques des politiques gouvernementales, par le biais de manifestations pacifiques.

Les défenseur-ses des droits humains omani-es sont aussi confronté-es à des actes d'intimidations et de harcèlement: campagnes de diffamation; piratage de leurs ordinateurs personnels, de leurs e-mails et de leurs blogs, des sites de réseaux sociaux; accusations de crimes y compris de "conflit et désordre" et "attaque contre le symbole souverain du pays". Les autorités omanies auraient demandé au peuple de les informer des activités des groupes de défense des droits humains, et de leur fournir des preuves à charges.

Front Line Defenders fait part de ses profondes préoccupations concernant la situation des défenseur-ses des droits humains susmentionné-es et concernant les attaques permanentes des autorités contre la liberté d'expression et de réunion. Il semble que l'actuelle vague d'arrestations et de détentions arbitraires de défenseur-ses des droits humains à Oman soit uniquement liée à leur travail légitime et pacifique en faveur des droits humains, et en particulier à leurs appels au respect du droit à la libre expression et à la liberté de réunion selon les normes internationales dont Oman est signataire.

Une mise à jour est nécessaire pour cette action. Avant de poursuivre cette action, contactez info@frontlinedefenders.org pour plus d'informations.