Les nominés au Prix Front Line Defenders 2012 pour les défenseur-ses des droits humains en danger

Le jury du Prix Front Line Defenders 2012Le jury du Prix Front Line Defenders 2012

Cette année, le prix Front Line Defenders a reçu un total de 107 nominations, de 46 pays.

Le jury, composé de: M. Pat Breen TD (Teachta Dála- député du parlement), la sénatrice Averil Power, ministre de l'Éducation, M. Ruairi Quinn TD, ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Marine, M. Simon Coveney TD, et Mme Noeline Blackwell Directrice de FLAC (Free Legal Aid Centres), ont annoncé le 17 mai la liste des cinq défenseur-ses des droits humains sélectionnés au prix 2012.

Le nom du lauréat du prix Front Line Defenders 2012 sera annoncé lors d'une cérémonie à la mairie de Dublin le 08 juin.

Les nominés sélectionnés au prix Front Line Defenders 2012 sont:

Cuba: Ivonne Mallezo Galano

Malawi: Rafiq Hazat

Vietnam: Dr Cu Huy Ha Vu

Égypte: Mona Seif

Syrie: Mme Razan Ghazzawi

"Les histoires de courage individuel et le dévouement absolu de ces défenseurs des droits humains courageux et déterminés, qui risquent leur liberté, leurs moyens de subsistance et même leur vie pour la défense des droits des autres nous mettent au défi d'être à la hauteur de leur exemple" a déclaré Mary Lawlor, directrice exécutive de Front Line Defenders à Dublin.

Une somme de 15000 euros sera attribuée au/ à la lauréat-e, afin qu'il/elle puisse mener à bien son travail vital en faveur des droits humains. Nous espérons également que l'attribution du prix Front Line Defenders agira comme une forme supplémentaire de sécurité et les aidera à développer leur réseau de médias et de contacts en matière de plaidoyer.

"Front Line Defenders est fière de reconnaître ces individus courageux et dévoués qui restent tous en grand danger aujourd'hui, en raison de leur travail légitime en faveur des droits humains" a ajouté Mme Lawlor.

BIOGRAPHIES DES NOMINÉS AU PRIX FRONT LINE DEFENDERS 2012 POUR LES DÉFENSEUR-SES DES DROITS HUMAINS EN DANGER

Rafiq Hajat, Directeur de l'Institute for Policy Interaction –IPI (Institut pour l'interaction politique), est un défenseur des droits humains de premier plan au Malawi où le gouvernement cherche à réprimer les manifestations et à faire taire les voix critiques. Le 3 septembre 2011 vers 01h du matin, un cocktail Molotov a été lancé à travers une fenêtre de l'IPI, dans le quartier Chichiri à Blantyre, provoquant l'incendie du salon et d'importants dégâts. L'ancien président Bingu wa Mutharika a publiquement accusé Rafiq Hajat d'être un ennemi de l'État et le défenseur a été contraint de se cacher. Cependant, en dépit des menaces qui pèsent sur lui, il continue de dénoncer les violations des droits humains au Malawi.

A Cuba, Ivonne Mallezo Galano est régulièrement arrêtée par les autorités parce qu'elle promeut les droits humains et la démocratie. Le 30 novembre 2011, après une manifestation pacifique dans le parc de la Fraternidad à la Havane, elle faisait partie d'un groupe qui brandissait une feuille blanche sur laquelle on pouvait lire " A bas la faim, la misère et la pauvreté", quand elle a été arrêtée et victime de 51 jours de traitements cruels et dégradants en prison, avant d'être libérée le 20 janvier 2012. Deux jours après sa libération en janvier, elle est retournée auprès des Damas de Blanco (Dames en blanc), pour participer à la marche traditionnelle du dimanche, le 22 janvier dans les rues de la Havane. Pendant la dernière visite du Pape à Cuba, Ivonne faisait partie des défenseur-ses des droits humains arrêté-es et placé-es en détention pendant la visite pontificale.

Le Dr Cu Huy Ha Vu a été condamné à sept ans de prison en avril 2011 au terme d'un procès inéquitable pour "propagande contre la République socialiste du Vietnam". Il a été arrêté le 4 novembre 2010 et détenu au secret suite à son implication dans plusieurs affaires juridiques très médiatisées, dont deux affaires contre le Premier Ministre vietnamien Nguyen Tan Dung, concernant des mines de bauxite dans la région des hauts plateaux du Vietnam, ainsi qu'une affaire concernant l'arrestation de plusieurs membres de l'Église Catholique qui assistaient à une procession funéraire sur les terres contestées. Les deux affaires contre le Premier Ministre ont été postées sur le site Bauxite Vietnam ainsi que sur plusieurs autres sites web.

Lorsque l'ancien Président Hosni Mubarak s'est retiré du pouvoir après des semaines d'importantes manifestations publiques, le Conseil Suprême des Forces Armées Égyptiennes (SCAF) a pris le pouvoir. Après avoir participé aux manifestations de la place Tahrir, Mona Seif, habituellement chercheuse dans un laboratoire contre le cancer, a lancé un mouvement remettant en cause le SCAF et son usage répandu des procès militaires contre des civils. Le mouvement "No Military Trials" (pas de procès militaire) a été une "force galvanisatrice" parmi les révolutionnaires égyptiens, mais a aussi relevé le défi d'exposer les crimes du régime du SCAF contre les détenus. À travers des écrits et des vidéos de témoignages, son blog Tahrir Diaries (journal de Tahrir) révèle les abus perpétrés par les militaires contre la révolution qu'ils ont un jour prétendu sauver.

Razan Ghazzawi est une défenseuse des droits humains infatigable, non seulement dans son pays natal, la Syrie, mais dans tout le monde arabe et au-delà. Elle est une blogueuse active qui travaille également pour le Centre syrien pour les médias et la libre expression, qui plaide en faveur des journalistes et blogueurs menacés en Syrie et dans le reste de la région. À cause de ce plaidoyer, elle a été arrêtée et elle est actuellement jugée. Elle s'est dressée pour défendre les droits des minorités, y compris l'égalité des droits pour les Palestiniens. Dernièrement, elle enquêtait sur les abus commis par le gouvernement syrien. Elle a été arrêtée une première fois en décembre alors qu'elle se rendait à une rencontre régionale sur le thème des médias dans le monde arabe organisée à Amman. Elle a pu être libérée peu de temps après, suite à une campagne médiatique populaire. En février, les autorités syriennes ont perquisitionné les bureaux du SCM et ont arrêté Razan et ses collègues. Ils sont actuellement jugés par un tribunal militaire; ceci vise à réprimer ceux qui militent pour la liberté de parole et à limiter le flux d'information en Syrie.