Posted 2012/5/14
Angola: Le journaliste et défenseur des droits humains M. Coque Mukuta harcelé
M. Coque MukutaLe 1er mai 2012, des inconnus ont pénétré par effraction au domicile du journaliste M. Coque Mukuta pour la troisième fois en quelques mois. C'est le plus récent acte de harcèlement contre le journaliste, qui a déjà été menacé et intimidé.
[Versão em português anexada abaixo]
Coque Mukuta travaille pour Radio Despertar et couvre les manifestations anti gouvernement en Angola. Il est le coauteur du livre récemment publié Os Meandros das Manifestações em Angola – Volume I (Les méandres des manifestations en Angola), qui décrit les manifestations organisées en Angola en 2011 et début 2012, et la façon dont les forces de sécurité ont violemment interrompu ces manifestations et harcelé les participants.
Dans les nuits du 1er mai, 29 et 27 avril 2012, des individus qui n'ont pas été identifiés ont pénétré par effraction chez M. Coque Mukuta. Lors du premier incident, les individus sont entrés vers 22h45 et seraient restés jusqu'à 03h00 le lendemain. Dans la matinée du 28 avril, le journaliste s'est rendu au poste de police de Cazenga pour porter plainte. Le lendemain, le 29 avril, une situation similaire s'est produite; des individus sont entrés chez lui vers 23h55. Cette fois la police est rapidement arrivée sur les lieux et a patrouillé dans le quartier jusqu'au lendemain matin. Le 1er mai, des intrus sont entrés chez Coque Mukuta pour la troisième fois, vers 23h50, et seraient restés pendant plus d'une heure. Rien n'a été volé lors de ces trois incidents.
Le 15 avril 2012, Coque Mukuta a été intercepté à l'aéroport alors qu'il rentrait d'un voyage au Brésil, où il a fait la promotion de son livre. Il avait 300 copies du livre avec lui et a dû attendre à l'aéroport pendant plusieurs heures avant de pouvoir partir avec ses bagages.
Le 21 mars 2012, un groupe connu sous le nom de Jovens Organizados para Defesa da Paz (jeunes organisés pour la défense de la paix) a laissé une lettre chez lui, dans laquelle il menaçait le journaliste. La lettre disait "Koke Mukuta é melhor mudares de bairro, bandido" (Coque Mukuta c'est mieux si tu changes de quartier, voleur) et "Você não tem medo, cuida-se" (tu n'as pas peur, fais attention).
En janvier 2010, l'Assemblée nationale d'Angola a approuvé la nouvelle constitution, qui garantit la liberté de rassemblement et les manifestations pacifiques. De plus, la loi nationale autorise les manifestations sans autorisation préalable du gouvernement. Néanmoins, depuis 2009, le gouvernement angolais agit afin d'interdire ou empêcher la plupart des manifestations pacifiques. En 2011, un mouvement de jeunes non partisans, inspiré par le Printemps Arabe, a organisé plusieurs manifestations contre le gouvernement à Luanda. Les autorités ont répondu par l'usage excessif de la force et par des actions d'intimidation, telles que la détention des manifestants et des journalistes et en semant la peur parmi le public en prétextant un risque de guerre civile lié aux manifestations.
Au vu des trois récentes intrusions d'inconnus, et au vu de la lettre de menaces reçue chez lui, Front Line Defenders est profondément préoccupée pour l'intégrité physique et psychologique de Coque Mukuta et sa famille. Front Line Defenders pense que ces actes font partie d'une plus vaste campagne d'intimidation contre Coque Mukuta, et qu'ils ont un lien direct avec son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains, notamment ses efforts pour dénoncer la réponse du gouvernement au manifestations pacifiques qui ont eu lieu en 2011.
| Fichier attaché | Taille |
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| pt_flua_-_angola_-_coque_mukuta_-_10.05.12web.pdf | 98.18 Ko |
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