Sahara Occidental: Communiqué de presse – arrestation et expulsion de Mme Aminatou Haidar du Sahara Occidental vers l'Espagne

Front Line est extrêmement préoccupée par la nouvelle de l'expulsion hors du Sahara Occidental de la défenseuse des droits humains, Mme Aminatou Haidar. Elle a été déportée vers les Iles Canaries après son arrestation le 13 novembre 2009 à l'aéroport de Laayoune. Les autorités marocaines l'ont détenue pendant près de 22 heures avant de l'envoyer en Espagne.

Informations complémentaires

« Front Line demande instamment aux autorités marocaines de lever l'interdiction qui empêche Aminatou Haidar de retourner au Sahara Occidental, ainsi que de mettre fin au harcèlement et aux actes d'intimidation systématiques contre les défenseurs des droits humains sahraouis, qui mènent à bien leur travail légitime pour la défense des droits humains », a déclaré la directrice de Front Line, Mary Lawlor, lundi à Dublin.

Aminatou Haidar est une défenseuse des droits humains reconnue et son travail a souvent été récompensé; elle a été arrêtée et condamnée à deux reprises à cause de ses activités. Elle a assisté à la Plate-forme de Dublin en 2007 et a reçu le Prix Robert F. Kennedy en 2008.

Mme Haidar rentrait au Sahara Occidental après un séjour aux États-Unis, où elle a reçu le Civil Courage Prize, décerné par la Train Foundation « pour son engagement courageux en faveur des droits humains et des libertés du peuple sahraoui ».

Vers minuit, dans la nuit du 13-14 novembre, les autorités marocaines auraient forcé Aminatou Haidar, en présence de sa famille, à reconnaitre l'autorité marocaine au Sahara Occidental, en lui faisant compléter le formulaire d'arrivée à l'aéroport et écrire qu'elle était de nationalité marocaine. Lorsqu'elle a refusé de le faire, les autorités ont saisi son passeport et lui ont dit qu'elle ne pourrait pas rentrer chez elle; elle a été expulsée vers Espagne. Depuis, elle refuse de quitter l'aéroport Guecameta à Lanzarote et a annoncé son intention d'entamer une grève de la faim en signe de protestation, à partir de minuit le 16 novembre.

Front Line a souvent fait part de ses préoccupations en ce qui concerne les restrictions de la liberté de circulation imposées par les autorités marocaines aux défenseurs des droits humains sahraouis au cours des dernières semaines. Le 9 octobre 2009, Mme Sultana Khaya n'a pas été autorisée à quitter l'aéroport de Laayoune pour se rendre en Espagne, après que les autorités ont saisi son passeport, sa carte d'identité et ses papiers de résidente en Espagne.

En octobre 2009, un groupe de cinq défenseurs des droits humains sahraouis a été stoppé alors qu'il tentait de se rendre légalement en Mauritanie. Les autorités ont confisqué leurs passeport et carte d'identité et les a reconduit à Dakhla.

Le 8 octobre 2009, sept défenseurs des droits humains du Sahara Occidental ont été arrêtés à l'aéroport Mohammed V de Casablanca. Parmi les sept défenseurs des droits humains arrêtés, il y avait: Ali Salem Tamek, vice-président du Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l´Homme (CODESA); Brahim Dahane, président de l'Association Sahraoui des Victimes de Graves Violations des Droits Humains (ASVDH); Ahmad Anasiri, secrétaire général du Comité Sahraoui pour la défense des droits humains à Smara; Yahdih Ettarrouzi; Saleh Lebayhi, président du Forum pour la Protection des Enfants Sahraouis; Dagja Lachgar et Rachid Sghayar. Ils étaient dans un vol en provenance de l'aéroport Alhawari Boumedyan en Algérie.

Ils sont toujours détenus et placés à l'isolement et Front Line est donc très inquiète concernant les risques de torture, ainsi que par le fait qu'ils risquent une longue peine de prison après le procès qui aura lieu devant le tribunal militaire. Ce dernier pourrait refuser leur droit à un procès équitable.

« Front Line pense que les restrictions contre Aminatou Haidar et tous les autres défenseurs des droits humains sahraouis ont un lien direct avec leur travail légitime en faveur des droits humains. Front Line est très inquiète pour l'intégrité physique et psychologique d'Aminatou Haidar et des défenseurs des droits humains actuellement en prison », a dit Mme Lawlor.

Pour plus d'informations, contactez Jim Loughran, responsable de la communication de Front Line +353 1 212 37 50