Posted 2012/5/1
Iran: MISE À JOUR- La défenseuse des droits humains Narges Muhammadi commence sa peine de six ans de prison
Mme Narges Muhammadi avec sa familleLe 22 avril 2012, l'éminente défenseuse des droits humains Mme Narges Muhammadi a été convoquée par le ministère des Renseignements afin de commencer sa peine de six ans de prison, prononcée par une cour d'appel iranienne.
Narges Muhammadi aurait été conduite à la prison Evin à Téhéran. Narges Muhammadi est directrice adjointe de Defenders of Human Rights Centre –DHRC (centre des défenseur-ses des droits humains) et fondatrice et directrice du Conseil National de la Paix. Elle a remporté le prix Alexander Kanger en 2009 et le Prix Suédois des droits humains en 2012, pour récompenser son travail en faveur des droits humains.
Narges Muhammadi avait d'abord été condamnée à 11 ans de prison par la branche 26 du tribunal révolutionnaire, le 27 septembre 2011, au terme d'un procès que les observateurs internationaux avaient jugé profondément inéquitable. Le 4 mars 2012, elle a été informée que la cour d'appel avait réduit sa peine de 11 à 6 ans de prison. Elle est injustement accusée de plusieurs infractions, y compris de propagande contre la République Islamique d'Iran, d'avoir soutenu les familles de prisonniers politiques, d'adhérer au DHRC et de complot contre la sécurité nationale. La cour d'appel a rendu sa décision le 14 février 2012, cependant Narges Muhammadi n'a été informée que le 4 mars. Elle avait été libérée sous caution après le premier verdict en septembre 2011, mais elle est maintenant réemprisonnée à la prison Evin.
Cette convocation a eu lieu dans le cadre d'une campagne de diffamation contre Narges Muhammadi et son mari M. Taghi Rahmani, par des médias pro gouvernement. Ces médias les accusent d'être impliqués dans la vente d'actions et le transfert de devises étrangères. Narges Muhammadi et son mari ont tous les deux été renvoyés de leurs emplois, et son mari a été contraint de fuir le pays à cause des persécutions des autorités iraniennes. Ils ont tous les deux traversé des épreuves. Narges Muhammadi a été et détenue à plusieurs reprises en 2009 et 2012. Lorsqu'elle était incarcérée en 2012, elle a contracté une maladie neurologique et a dû être hospitalisée et suivre un traitement prolongé.
Front Line Defenders condamne l'emprisonnement, la condamnation et le procès inéquitable de Narges Muhammadi, et pense qu'ils ont un lien direct avec son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains en Iran. Front Line Defenders considère que tout ceci fait partie d'une campagne de persécution contre les défenseur-ses des droits humains iraniens, afin de les réduire au silence.
Front Line Defenders réitère son appel aux autorités iraniennes, afin qu'elles libèrent immédiatement et sans condition Narges Muhammadi, qu'elles abandonnent toutes les charges qui pèsent contre elle, et qu'elles garantissent que tous-tes les défenseur-ses des droits humains puissent mener à bien leur travail légitime et pacifique en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni représailles, y compris l'acharnement judiciaire.
Pour plus d'informations sur cette affaire, lire l'appel original de Front Line Defenders du 10 octobre 2011.
Pour plus d'informations sur la situation des défenseur-ses des droits humains en Iran, cliquez ICI.






