Posted 2012/3/22

Colombie: Intimidation et harcèlement de plusieurs défenseur-ses des droits humains, dont Mme Rosa Amelia Hernández et M. Pedro Geney, après des manifestations pacifiques dans tout le pays

Carte de Colombie

Les manifestations visaient à célébrer la Journée Nationale et Internationale des Victimes des Crimes d'État et appelaient à la restitution de terres.

Rosa Amelia Hernández est responsable de l'Organización de Afrodescendientes o comunidades negras desplazadas y víctimas de la violencia del Municipio de Planeta Rica – Odeprivicor (organisation des afro-descendants ou communautés noires déplacées et victimes de violences à Planeta Rica). Pedro Geney est membre de la section de Sucre du Movimiento Nacional de Víctimas de Crímenes del Estado – MOVICE (mouvement national des crimes d'Etats).

Le 6 mars 2012 vers 09h30, lorsque Rosa Amelia Hernandez est descendue d'un bus au niveau du parc Las Golondrinas à Monteria, deux individus vêtus de blanc sont arrivés à l'endroit où la manifestation devait avoir lieu et l'ont suivie. Ils lui ont demandé, sur un ton agressif, qui organisait la manifestation et pourquoi. Les personnes qui accompagnaient la défenseuse des droits humains ont pris conscience de la nature risquée de la situation, et l'ont entourée et ont appelé la police. Nous ne savons pas si la police a poursuivi les deux individus.

La veille, un membre d'Odeprivicor avait reçu un appel qui clamait que si Rosa Amelia Hernández participait à la manifestation, elle devrait faire face aux conséquences. Dans les jours suivants la manifestation, Rosa Amelia Hernández a entendu à deux reprises, que des paramilitaires de Piñalito, un district de la municipalité de Monteria, prévoyaient de l'enlever.

Rosa Amelia Hernández a déjà été victime de menaces et d'actes d'intimidation. Le 28 octobre 2011, la défenseuse des droits humains a demandé à l'Unité de Protection du Ministère de l'Intérieur de la protéger, et des membres de Seccional de Inteligencia Policial (SIPOL) (section des renseignements policiers) l'ont rencontrée deux fois en février afin d'évaluer les risques. Cependant, elle n'a reçu aucune réponse concernant le suivi de l'affaire. L'Unité de Protection serait en train d'examiner l'affaire.

Le 4 mars 2012, le défenseur des droits humains Pedro Geney, arrivé à Monteria accompagné par deux membres des Peace Brigades International (Brigades de Paix Internationale), pour préparer la marche, a remarqué deux hommes bien habillés dans l'hôtel dans lequel il séjournait. Vers 03h00, il a entendu quelqu'un qui tentait de forcer la porte de sa chambre d'hôtel. Lorsqu'il a ouvert la porte, il a vu les deux hommes aperçus dans l'après-midi; l'un d'eux tentait d'ouvrir la porte et l'autre était assis sur un canapé devant la chambre. En voyant Pedro Geney, les deux hommes ont fui dans le couloir.

D'autres défenseur-ses des droits humains ont aussi été intimidé-es et harcelé-es après les manifestations du 6 mars qui se sont déroulées à travers le pays. Ce jour-là, vers 09h30, deux hommes en civil ont pris des photos des manifestants à Pasto, la capitale du département de Nariño. Des manifestants ont interpellé ces hommes, qui ont présenté leurs documents d'identification; il s'agissait de membres de la Seccional de Policía Judicial e Investigación – SIJIN (section de la police judiciaire et d'investigation). Ils ont refusé d'effacer les photos, déclarant qu'ils préparaient un rapport pour les services de renseignements. A Villavicencio, un manifestant a été approché par un homme, alors qu'il participait à une marche du Parque de los Libertadores. L'homme s'est présenté comme étant un paramilitaire et que lui aussi était une victime et que la guérilla avait tué l'un de ses proches et lui avait pris ses terres. Il a poursuivi en disant qu'il ne les laisserait pas lui prendre les terres qu'il possède désormais. “Si nos tenemos que volver a armar de nuevo, lo haremos, pero no vamos a devolver la tierra que tenemos ahora" (si nous devons prendre les armes de nouveau, nous le ferons, mais on ne rendra pas la terre que l'on a maintenant).

Front Line Defenders fait part de ses profondes préoccupations pour l'intégrité physique et psychologique de Rosa Amelia Hernández et Pedro Geney, ainsi que pour tous-tes les défenseur-ses des droits humains qui ont participé aux marches du 6 mars 2012. Front Line Defenders pense que l'intimidation et le harcèlement des défenseur-ses des droits humains a un lien direct avec leur travail légitime et pacifique en faveur des droits humains et leur participation aux manifestations pacifiques.

Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information