Posted 2012/2/17

Malawi: Tentative d'agression et arrestation du défenseur des droits humains M. Ralph Kasambara

Le 13 février 2012, le défenseur des droits humains M. Ralph Kasambara a été arrêté par la police à Blantyre, après que plusieurs individus ont tenté de l'agresser dans son cabinet d'avocat.

Le 13 février 2012 vers 10h00, un groupe de cinq personnes a tenté d'entrer dans les bureaux de Ralph Kasambara dans le quartier de Magalasi à Blantyre. Les hommes auraient demandé aux vendeuses qui travaillent près du cabinet quel genre de voiture conduit Ralph Kasambara. Les femmes ont alors informé Ralph Kasambara de la présence des individus, lui permettant ainsi d'alerter les gardes. Lorsque les hommes ont tenté de pénétrer sans les bureaux, les gardes ont réussi à appréhender trois individus mais les deux autres ont pu s'échapper. Ils étaient en possession d'un cocktail molotov. Les trois hommes auraient admis qu'ils étaient envoyés par le Democratic Progressive Party –DPP (parti démocratique progressif) et qu'ils avaient l'intention de détruire le cabinet et de nuire à Ralph Kasambara.

Peu après, la police est arrivée sur les lieux de l'incident déclarant avoir été informée que l'avocat avait enlevé trois personnes. Des policiers sont partis avec les agresseurs tandis que d'autres ont arrêté Ralph Kasambara et ses gardes Arthur Chikankheni, Mayamiko Kadango, Brian Magoya, Patrick Gadama et Ali Kaka. Les hommes ont été accusés d'agression ayant entraîné des blessures.

Le lendemain, le 14 février, un tribunal a ordonné la libération sous caution de Ralph Kasambara, pour un montant de 20 000 MKW (environ 92€) cash et une garantie de 50 000 MKW (environ 230€), et avec l'obligation de se présenter chaque vendredi au siège de la police de la région sud. Malgré la décision de la cour, des responsables de la prison Chichiri ont refusé de libérer Ralph Kasambara sous prétexte que l'ordre de la cour était arrivé trop tard dans la journée. Il a donc passé une seconde nuit en prison. Au moment de l'écriture de cet article, les autorités n'ont toujours pas libéré le défenseur.

Dans la matinée du 15 février, alors que d'autres défenseurs des droits humains rendaient visite à Ralph Kasambara en prison, la police a ordonné à deux officiers garés dans deux véhicules blindés dans la prison de perquisitionner le cabinet et le domicile du défenseur. Il n'est pas clair si la police possédait ou non un mandat de perquisition.

Selon certains médias, après l'arrestation, la porte parole du gouvernement et Ministre de l'Information et de l'Éducation Civique, Patricia Kaliati, a déclaré que le gouvernement avait des informations selon lesquelles Ralph Kasambara et les gardiens avaient tenté d'abuser sexuellement des trois hommes qu'ils avaient stoppé.

Par le passé, Ralph Kasambara a déjà été victime de harcèlement et d'actes d'intimidation. Plus récemment, en janvier 2012, il a été convoqué par le commissaire de police de la région sud, pour avoir incité à la "désaffection à l'égard du président" en soutenant une grève au sein du système judiciaire.

Front Line Defenders pense que la tentative d'agression contre Ralph Kasambara a un lien direct avec son travail en tant qu'avocat défenseur des droits humains et son soutien aux organisations de la société civile. Nous faisons part de nos profondes préoccupations au sujet de la tentative de raid sur son cabinet et de la possession par les coupables de cocktails Molotov. Ces incidents rappellent les deux incendies criminels d'août 2011 aux domiciles et aux bureaux des défenseurs MacDonald Sembereka et Rafiq Hajat. Nous déplorons qu'aucune enquête n'ait été ouverte sur cette tentative d'agression.

Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information