Posted 2012/2/5

Cambodge: le défenseur des droits humains M. San Samneang cité à comparaître et interrogé au nom de fausses accusations

Un forum public du CCHR en 2011Un forum public du CCHR en 2011

Le 30 janvier 2012, le défenseur des droits humains M. San Samneang a comparu devant le tribunal, pour dégâts intentionnels et violence volontaire.

San Samneang milite pour le droit à la terre dans la province de Banteay Meanchey et est affilié au Cambodian Centre for Human Rights -CCHR (centre cambodgien pour les droits humains), une organisation non gouvernementale qui œuvre à renforcer les capacités des communautés locales à travers l'éducation.

Le 30 janvier 2012, San Samneang a comparu devant le tribunal de Battambang, et a été interrogé par le procureur pendant trois heures. S'il est reconnu coupable de violence volontaire, il risque d'un à trois ans de prison et une amende pouvant atteindre 6 millions de riels (1123€). En ce qui concerne les accusations de dégâts intentionnels, il risque de six mois à 2 ans de prison et une amende entre un million et quatre millions de riels (entre 187€ et 750€). Il dément formellement toutes les charges qui pèsent contre lui.

San Samneang a déclaré à la cour, en présence de son avocat, qu'il n'est impliqué dans aucune violence, et qu'il ne sait rien des accusations portées contre lui. La cour lui a alors montré des photos d'une manifestation qui aurait eu lieu en novembre 2011. Le défenseur n'apparaît sur aucune photo et ne sait rien au sujet des évènements photographiés. Les photos monteraient un rassemblement organisé dans le cadre d'un conflit lié à des terres, entre une femme d'affaire locale, Theth Phary, et les villageois. En Décembre 2009, San Samneang avait organisé une manifestation sur le terrain en question quand Theth Phary avait envoyé 30 ouvriers accompagnés de policiers et militaires armés, pour récolter du riz dans une zone près du village de Boueng. Elle affirme que ces terres lui appartiennent alors que les villageois clament qu'elles sont a eux. Cependant, San Samneang n'a pas participé à la manifestation de novembre 2011, sur laquelle les accusations reposent. Il a été libéré après l'interrogatoire, mais risque d'être de nouveau convoqué à des interrogatoires.

La citation à comparaître, datée du 18 janvier 2012, ne contenait aucune information concernant les charges qui pèsent contre le défenseur. Elle ne parlait ni du lieu, ni de la date, ni de la nature des actes présumés et ne fournissait aucune base juridique pour les accusations. San Samneang avait envoyé une lettre au tribunal, demandant que son interrogatoire soit reporté de 10 jours afin de se préparer. Toutefois, sa demande a été rejetée.

Front Line Defenders pense que les accusations qui pèsent contre San Samneang ont un lien direct avec son travail en faveur des droits humains, notamment ses actions pour défendre le droit à la terre des villageois de Boueng.

Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information