Posted 2012/2/5

Sénégal: Le défenseur des droits humains Alioune Tine arrêté puis libéré après 48 heures de garde à vue

Alioune TineAlioune Tine

Le 30 janvier 2012, le défenseur des droits humains M. Alioune Tine a été relâché après 48 heures de garde à vue.

Alioune Tine est secrétaire général de Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l'Homme (RADDHO), une ONG sénégalaise basée à Dakar qui défend les droits humains.

Il est aussi coordinateur du Mouvement du 23 juin–M23, une coalition composée d'organisations de la société civile et de plusieurs partis politiques, fondée en 2011 afin de veiller au respect de la constitution du Sénégal, qui prévoit un maximum de deux mandats présidentiels pour un même candidat.

Le 28 janvier 2012 vers 17h00, Alioune Tine a été arrêté chez lui par des représentants de la Division des Investigations Criminelles (DIC). Il a été conduit au poste de police, sans aucun mandat d'arrêt ni convocation officielle. Il a été interrogé pendant plusieurs heures au sujet d'une manifestation organisée la veille par le M23 et qui avait été violemment dispersée par la police antiémeute.

La manifestation faisait partie d'une série d'actions de protestation contre la possibilité que l'actuel président se représente aux élections du 26 février 2012, pour un troisième mandat présidentiel. Le jour de la manifestation, le Conseil Constitutionnel avait validé la candidature du président sortant et celle de 13 autres candidats tout en rejetant deux candidatures. L'objectif de cette manifestation était de protester contre la décision du Conseil Constitutionnel, considérée comme partiale.

L'un des candidat débouté, Youssou Ndour, chanteur renommé au niveau international, n'aurait pas été autorisé à rendre visite à Alioune Tine lorsqu'il était détenu.

D'autres manifestations auraient été dispersées par la police dans les jours qui ont suivi.

Dans le passé, Alioune Tine a déjà subi des représailles à cause de son travail en faveur des droits humains. Le 23 juin 2011, Alioune Tine a été agressé par des militants du parti au pouvoir, le Parti Démocratique Sénégalais (PDS), lors d'un rassemblement devant l'Assemblée Nationale. Il avait dû être hospitalisé pour des blessures. Le 10 octobre 2011, le Président de la République aurait déclaré aux médias qu'Alioune Tine et RADDHO avaient "appelé à la violence et à l'insurrection", et qu'il les conduirait devant la justice s'ils n'arrêtaient pas "d'appeler les gens à manifester violemment".

Front Line Defenders est préoccupée par la garde à vue d'Alioune Tine et craint qu'elle soit uniquement liée à son travail légitime pour RADDHO et le Mouvement du 23 juin.

Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information