Posted 2012/1/30
Honduras: Menaces de mort et intimidation de la défenseuse des droits humains Mme Gilda Carolina Silvestrucchi

Au cours du mois de janvier 2012, la défenseuse des droits humains et journaliste indépendante Mme Gilda Carolina Silvestrucchi a été placée sous surveillance et menacée de mort.
Gilda Carolina Silvestrucchi est journaliste indépendante et directrice de l'émission radio quotidienne "En la Plaza", diffusée du lundi au vendredi sur Radio Globo. Elle est aussi membre du groupe Periodistas por la Vida y la Libertad de Expresión (Journaliste pour la vie et la liberté d'expression).
Le 23 janvier 2012 vers 09h30, Gilda Carolina Silvestrucchi a reçu cinq appels téléphoniques sur son portable. Après avoir eu la confirmation qu'elle était la propriétaire du téléphone portable, l'homme qui lui téléphonait l'a menacée: " Ya sabemos que tenés tres hijos, que la mayor tiene 15 años, que ahorita andás en la calle con tu hijo de siete años, y que la mayor está en tu casa, cuidando a la de un año, y te vamos a matar" (On sait déjà que tu as trois enfants, que la plus grande a 15 ans, qu'en ce moment tu marches dans la rue avec ton fils de sept ans, que l'aînée est chez toi et qu'elle s'occupe de celle qui a un an, et on va te tuer).
Elle dit avoir entendu le son d'un moteur de voiture en bruit de fond, et l'homme semblait lire les menaces.
Un inconnu a aussi téléphoné à sa fille et a demandé à parler à Gilda Silvestrucchi, sous prétexte qu'il avait des documents à lui remettre. L'homme a rappelé l'enfant deux fois.
Ce matin là, Luis Alfonso Santos, President de l'Alianza Cívica por la Democracia (Alliance civique pour la démocratie) et Pedro Landa, expert en matière de politique publique relative aux mines métallurgiques en Amérique Latine, étaient invités de "En la Plaza". L'émission est diffusée entre 08h00 et 09h00, et les deux hommes devaient parler des problèmes de l'industrie minière dans la vallée de Siria, et du rôle des députés dans l'adoption de la nouvelle loi sur les mines.
Quelques jours plus tôt, le 20 janvier 2012, un inconnu a téléphoné à la mère de Gilda Silvestrucchi, et lui a posé des questions sur les habitudes quotidiennes de sa fille, telles que l'heure à laquelle elle rentre chez elle, où elle va et où il peut la trouver. L'interlocuteur cherchait particulièrement à savoir à quelle heure la défenseuse serait chez elle.
Le 3 janvier 2012, la voiture dans laquelle Gilda Silvestrucchi se trouvait pour se rendre au studio de la radio, était suivie par une Honda Civic rouge. Le conducteur de la voiture dans laquelle elle était a réussi à semer l'autre véhicule.
Les menaces de mort et les actes d'intimidation contre Gilda Silvestrucchi ont lieu dans un contexte d'escalade de la violence contre les journalistes et ceux qui exercent leur droit à la liberté d'expression au Honduras. Depuis 2009, 18 journalistes ont été tués, 4 enlevés et torturés, et 37 violemment agressés. Le 14 décembre 2011, un groupe de journalistes, réunis par le groupe Periodistas por la Vida y la Libertad de Expresión, ont été réprimandés par des membres de l'armée assignés au palais présidentiel, où ils s'étaient rassemblés pour réclamer l'ouverture d'une enquête sur l'assassinat de journalistes dans le pays.
Front Line Defenders pense que les menaces de mort et les actes d'intimidation contre Gilda Silvestrucchi ont un lien direct avec son travail en faveur des droits humains, et notamment son travail de journaliste. Front Line Defenders est profondément préoccupée pour l'intégrité physique et psychologique de Gilda Silvestrucchi et sa famille.
Front Line Defenders demande instamment aux autorités honduriennes de:
Mener immédiatement une enquête minutieuse et impartiale sur les menaces de mort et les actes d'intimidation contre Gilda Silvestrucchi et sa famille, avec l'objectif de publier les résultats et de traduire les coupables en justice, conformément aux standards internationaux;
Prendre les mesures nécessaires pour garantir l'intégrité physique et psychologique et la sécurité de Gilda Silvestrucchi et sa famille;
Garantir qu'en toutes circonstances, tous-tes les défenseur-ses des droits humains et journalistes au Honduras puissent mener à bien leurs activités légitimes en faveur des droits humains, et exercer leur droit à la liberté d'expression, sans craindre ni restrictions ni représailles.
Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information












