Posted 2012/1/25
Cuba: Le défenseur des droits humains M. Wilman Villar Mendoza décède après 50 jours de grève de la faim

Front Line Defenders est profondément attristée par la mort du défenseur des droits humains M. Wilman Villar Mendoza, décédé le 18 janvier 2012 dans un hôpital de Santiago de Cuba, des suites d'une grève de la faim de 50 jours.
Wilman Villar Mendoza était membre d'un groupe de défense des droits humains, l'Unión Patriótica de Cuba – UMPACU (Union Patriotique de Cuba). Il avait été placé en détention après avoir participé à une manifestation pacifique le 14 novembre 2011, et avait entamé une grève de la faim pour protester contre son incarcération injuste.
Le 18 janvier 2012 vers 18h45, Wilman Villar Mendoza est décédé à l'hôpital Juan Bruno Zayas à Santiago de Cuba, des suites d'une défaillance d'organe de plusieurs organes provoquée par une septicémie généralisée.
Il avait été transféré de la prison Aguadores à l'hôpital quatre jours plus tôt. Wilman Villar Mendoza avait été arrêté et passé à tabac après avoir participé à une manifestation pacifique dans la ville de Contramaestre le 14 novembre 2011. La police lui aurait dit qu'il serait emprisonné s'il ne quittait pas l'UMPACU.
Le 25 novembre 2011, il avait été condamné à quatre ans de prison pour avoir "refusé d'obéir à un fonctionnaire", "résistance" et agression, après ce qu'il avait décrit comme une "farce judiciaire". Le jour même, il avait entamé une grève de la faim afin de protester contre son incarcération et pour demander sa libération. Lorsqu'il était en prison, il avait été placé dans une cellule de punition isolée et humide, nu, sans eau ni assistance médicale.
Selon certaines sources, sa veuve, Martiza Pelegrino Cabrales, n'a pas été autorisée à voir le corps de son mari. Elle est aussi défenseuse des droits humains et membre de Damas de Blanco (Dames en Blanc), une organisation de défense des droits humains qui appelle à la libération des prisonniers politiques à Cuba. Peu avant la mort de Wilman Villar Mendoza, la police avait dit à Martiza Pelegrino Cabrales que si elle quittait Damas de Blanco, son mari serait libéré. Cependant, il était déjà gravement malade à ce moment là, et elle a refusé.
Les autorités cubaines auraient lancé une vague de répression suite au décès de Wilman Villar Mendoza. Le 20 janvier, huit membres de Damas de Blanco et six militants ont été autorisés à assister à la veillée mortuaire dans l'est de la ville de Contramaestre, tandis que six autres militants qui attendaient dehors ont été arrêtés. Les militants qui ont manifesté après avoir appris la nouvelle du décès ont été arrêtés de façon très violente par des agents de la sécurité de l'Etat dans la ville de Palma Soriano. A la Havane, des responsables chargés de la sécurité de l'Etat ont empêché les défenseur-ses des droits humains de signer un livre de condoléances au siège de Damas de Blanco, chez Laura Pollan, fondatrice de l'organisation décédée le 14 octobre 2011.
Front Line Defenders demande instamment aux autorités cubaines de:
1. Ouvrir immédiatement une enquête minutieuse et impartiale sur le traitement cruel et inhumain de Wilman Villar Mendoza lorsqu'il était emprisonné, avec l'objectif de publier les résultats et de traduire les responsables en justice, conformément aux normes internationales;
2. Prendre des mesures pour garantir l'intégrité physique et psychologique de la famille de Wilman Villar Mendoza, ainsi que de tous les membres de l'UMPACU et de Damas de Blanco;
3. Garantir qu'en toutes circonstances, tou-tes les défenseur-ses des droits humains à Cuba, puissent mener à bien leur travail légitime et pacifique en faveur des droits humains, et exercer librement leur droit à la liberté d'association et de réunion, sans craindre ni restrictions ni représailles, y compris l'acharnement judiciaire.
Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information












