Tunisie: harcèlement et agression des avocats défenseurs des droits humains Mme Radhia Nasraoui, M. Raouf Ayadi et M. Abdelwahab Maatar

Publié le 2009/06/25

Les défenseurs des droits humains Mme Radhia Nasraoui et M. Raouf Ayadi ont été l’objet d’une fouille minutieuse au corps et de leurs bagages dite « Zéro Six », à leur retour en Tunisie. « Zéro Six » fait référence à un code utilisé dans la base de données de sécurité, qui autorise une fouille complète au corps et des bagages, ainsi que la confiscation de documents, à chaque fois qu’une personne quitte ou entre dans le pays. Abdelwahab Maatar a été passé à tabac à l’aéroport de Sfax, pour avoir refusé une fouille au corps.

Informations complémentaires

Radhia Nasraoui est présidente de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT); Raouf Ayadi est l’ancien secrétaire général du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) et Abdelwahab Maatar est un avocat pour les droits humains. Le 29 mai 2009, Front Line avait lancé un appel concernant le harcèlement contre Radhia Nasraoui.

Le 23 juin 2009, Radhia Nasraoui et Raouf Ayadi rentraient d’un voyage à Genève lorsqu’ils ont été stoppés à l’aéroport de Tunis-Carthage par un groupe d’agents de sécurité en civil.

Un douanier a demandé à Raouf Ayadi de le suivre dans une pièce afin d’effectuer une fouille corporelle, mais quand Raouf Ayadi a demandé quel était le motif légal de cette fouille, quatre agents l’ont poussé au sol, l’ont roué de coups et lui ont déchiré ses vêtements devant les autres passagers.

Ensuite, ils l’ont soulevé par les bras et les jambes et l’ont porté jusqu’à un bureau où ils l’ont insulté en le passant à tabac une nouvelle fois et l’ont fouillé en le maintenant au sol.

A ce moment-là, Radhia Nasraoui, qui se trouvait juste derrière Raouf Ayadi et qui fut témoin de la scène, a téléphoné à son mari, Hamma Hammami, le porte-parole du Partie Communiste de Tunisie, qui l’attendait à l’arrivée. Un des officiers lui a immédiatement tordu le bras et l’a empêchée de poursuivre l’appel en jetant son téléphone au sol. L’officier l’a ensuite poussée au sol et a balancé son ordinateur portable à quelques mètres d’elle.

Les officiers l’ont emmené de force dans un bureau où ils l’ont fouillé. Elle souffre de plusieurs ecchymoses au bras droit. En quittant la zone de sécurité, Radhia Nasraoui et Raouf Ayadi ont été insultés par les agents de sécurité, qui les suivaient de près.

Lorsque Hamma Hammami a voulu protester contre cet incident, il a été violemment bousculé, tandis qu’un autre officier a une nouvelle fois agressé Raouf Ayadi, en lui donnant des coups de pieds et le blessant au genou.

Au même moment à l’aéroport de Sfax, Abdelwahab Maatar était détenu pendant plus de deux heures à son retour de Paris, car il avait refusé de subir une fouille corporelle. Un policier l’a sérieusement menacé et a brisé ses lunettes en le frappant au visage.

Il semble que les trois défenseurs des droits humains soient sous le coup de la mesure dite « Zéro Six », nommée ainsi d’après le code de la base de données centralisée de sécurité, qui consiste à soumettre une personne à une fouille minutieuse, ainsi qu'à confisquer ses documents et autres objets, à chaque fois qu’elle quitte ou entre dans le pays.

Front Line pense que les défenseurs des droits humains mentionnés ci-dessus ont été pris pour cible afin de les sanctionner pour leur travail pacifique et légitime en faveur des droits humains. Front Line est préoccupée car les défenseurs des droits humains en Tunisie sont de plus en plus souvent l’objet de fouilles corporelles dans les aéroports tunisiens, sans aucune autre raison que de les harceler et les humilier.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.