Posted 2011/11/24

Malawi: Procès de cinq défenseur-ses des droits humains arrêtés après une manifestation pacifique

La manifestation du 14 Octobre 2011La manifestation du 14 Octobre 2011

Le procès des cinq défenseur-ses des droits humains, Mme Habiba Osman et messieurs Billy Mayaya, Brian Nyasulu, Ben Chiza Mkandawire et Comfort Chitseko, doit avoir lieu le 25 novembre 2011 à la cour de Lilongwe.

Informations Complémentaires

Ils sont accusé-es d’avoir organisé une manifestation illégale, au nom du décret sur la police. La manifestation en question était un rassemblement pacifique qui a eu lieu le 14 octobre 2011 à Lilongwe.

Habiba Osman est avocate pour Aide de l’Eglise Norvégienne. Billy Mayaya est responsable du programme Eglise et Société de l’Eglise Presbytérienne d’Afrique Centrale.

Les cinq défenseur-ses des droits humains ont participé à la manifestation en tant que membres du Forum pour la Défense de la Démocratie (FDD), une plateforme de la société civile formée en août 2011, pour faire avancer les demandes de réformes.

Le 14 octobre 2011, Habiba Osman, Billy Mayaya, Brian Nyasulu, Ben Chiza Mkandawire et Comfort Chitseko ont été arrêté-es et détenu-es après avoir participé à une manifestation devant le parlement de Lilongwe. Cette petite manifestation appelait le Président Bingu wa Mutharika à convoquer un référendum pour des élections anticipées ; elle demandait aussi la démission de l’inspecteur général de la police, Peter Mukhita, et appelait aussi à l’ouverture d’une enquête sur son implication présumée dans la mort de l’étudiant militant Robert Chasowa, retrouvé mort en septembre 2011.

La police a considéré qu’il s’agissait d’un suicide, mais des blessures qui ne correspondent pas à cette hypothèse ont été retrouvées sur le corps de l’étudiant. La société civile pense donc qu’il a été assassiné.

Bien qu’ils aient été arrêté-es ensembles, les cinq défenseur-ses des droits humains ont été détenu-es séparément, dans trois postes de police de Lilongwe, ceux de Lumbadzi, Kanengo et de la zone 18.

Ils ont été libéré-es sous caution le 19 octobre 2011, après avoir été accusé-ess d’avoir organisé une manifestation illégale. Pendant les 5 jours de détention, Brian Nyasulu, qui souffre de diabète, n’a pas reçu d’attention médicale.

Front Line pense que les poursuites contre les défenseur-ses des droits humains ont un lien direct avec leur travail légitime en faveur des droits humains, notamment en ce qui concerne leur volonté d’attirer l’attention du public sur la responsabilité des autorités dans des cas de violations des droits humains.

Front Line reste très préoccupée par la détérioration de la situation des défenseur-ses des droits humains au Malawi. Nous avons rapporté plusieurs exemples d’attaques contre des défenseur-ses des droits humains, en mars, juillet et septembre, détaillant la répression et la campagne contre ceux qui appellent ouvertement à des changements au sein du gouvernement actuel.

A ce jour, personne n’a été traduit en justice pour les crimes tels que les incendies criminels, les menaces de mort et les agressions violentes contre les défenseur-ses des droits humains.

Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information