Posted 2011/11/14

Aujourd’hui, Front Line Defenders annonce son soutien à une campagne en Chine, pour aider le défenseur des droits humains Chen Guangcheng

La Directrice Exécutive, Mary Lawlor (au centre), et le personnel de Front Line fête la naissance du défenseur des droits humains chinois Chen Guangcheng, en signe de solidarité avec les défenseur-ses des droits humains chinois-es.

Informations Complémentaires

Samedi 12 novembre, le défenseur des droits humains Chen Guangcheng fêtera son 40ème anniversaire. Connu comme l’avocat aveugle aux pieds nus, Chen est assigné à résidence – le signal de son téléphone portable est bloqué et sa maison est surveillée par trois équipes de 22 personnes, 24h/24. Sa santé se dégrade et il n’a pas de traitement médical.

Des membres de la campagne chinoise pour soutenir Chen Guangcheng ont été passés à tabac et renvoyés. Chen a été libéré après quatre ans de prison le 9 septembre et a été immédiatement assigné à résidence et isolé avec sa femme, sa mère et sa fille de 6 ans. A sa libération, Chen a déclaré « Je suis sorti d’une petite prison pour entrer dans une plus grande ».

Chen Guangcheng est soutenu par de plus en plus de chinois, qui le défendent ouvertement dans une campagne lancée via des blogs, Twitter et Weibo. L’augmentation du nombre de gens ordinaires intéressés par sa situation indique qu’ils pensent qu’il doit être libéré immédiatement.

« Chen Guangcheng n’est pas un criminel – il n’a pas détourné d’argent ni fomenté une révolution. Il a défendu les droits économiques des petits fermiers et affirmé que les personnes handicapées devraient pourvoir utiliser les transports publics gratuitement. Il a aussi dénoncé les avortements et les stérilisations forcées. A cause de ça, il a été arrêté, passé à tabac, emprisonné et assigné à résidence avec sa famille. Chen Guangcheng représente la décence et le respect des droits des autres. Nous appelons le gouvernement chinois à le libérer de son assignation à résidence pour des raisons humanitaires, et à lui permettre d’accéder à un traitement médical », a déclaré Mary Lawlor, Directrice Exécutive de Front Line Defenders.

Dans son discours lors d’une cérémonie à Dublin, pour célébrer l’anniversaire de Chen Guangcheng, Mme Lawlor a ajouté : « Bien que nous soyons si loin, nous sommes très proches par la pensée. Et pendant que ta famille et toi êtes confrontés à de grandes difficultés en ce moment, nous nous souvenons des mots de Louis Mann, ‘Seuls les yeux lavés de larmes peuvent voir clairement’. Nous espérons et sommes solidaires avec vous, en ce jour spécial ».

Pour plus d’informations, contactez Jim Loughran, responsable médias et communications Tel +353 1 212 37 50 Mobile +353 (0)87 9377586

Note de la Rédaction

Chen Guangcheng a commencé son travail en faveur des droits humains en défendant les droits économiques des paysans et en se battant pour le droit des personnes handicapées à utiliser les transports publics gratuitement. En outre, il dénonçait activement les avortements et les stérilisations forcés dans et autour de la ville de Linyi, dans la province de Shandong.

En juin 2005, Chen s’est rendu à Pékin pour déposer une plainte collective contre les autorités de Linyi, au nom des femmes victimes d’abus commis par les responsables du planning familial. La Cour a rejeté l’affaire. En août 2005, Chen et sa famille ont été assignés à résidence. En mars 2006, la police a emmené Chen hors de chez lui et il a disparu pendant trois mois.

Chen a été officiellement arrêté en juin 2006 et a été jugé devant le tribunal du comté de Yinan, dans la province de Shandong, en août 2006. La nuit avant son procès, trois membres de son équipe de défense ont été arrêtés et un quatrième a été passé à tabac par des inconnus. Ses avocats n’ont pas été autorisés à entrer dans la salle d’audience et à leur place, Chen a été défendu par un avocat nommé par la Cour, mais qui ne connaissait pas l’affaire.

Au terme d’un procès qui a duré deux heures, Chen a été condamné à quatre ans et trois mois de prison, pour avoir endommagé des biens et pour avoir « formé une foule afin de perturber le trafic ». Une Cour d’Appel a ordonné un nouveau procès en novembre 2006, mais le verdict original a été maintenu le mois suivant.

La santé de Chen s’est détériorée en prison, il souffre de diarrhée chronique et selon, Yuan Weijing, il a été passé à tabac par des codétenus.

Assignation à résidence : Chen a été libéré le 9 septembre 2010 après avoir complété sa peine, mais il a immédiatement été assigné à résidence, avec sa famille – sa femme, sa mère, et sa fille de 6 ans. Son fils âgé de 10 ans est gardé par des proches dans une autre ville.

Au cours des 12 derniers mois, la situation de la famille s’est considérablement dégradée, car leur traitement s’est sans cesse empiré. Le 9 février 2011, Chen et Yuan Weijng ont pu faire sortir clandestinement une vidéo dans laquelle ils détaillaient leurs conditions de détention ; cette vidéo a été rendue publique par l’ONG américaine China Aid. Le couple y décrivait la surveillance de leur maison par trois équipes de 22 personnes, 24 heures sur 24. Après la diffusion de la vidéo, des rapports ont indiqué que Chen et sa femme ont été violemment battus en représailles.

Depuis le début de l’assignation à résidence, quelques défenseur-ses des droits humains en Chine militent pour attirer l’attention du public sur la situation de Chen et pour demander sa libération. Cette campagne est en grande partie coordonnée sur internet, via des blogs, Twitter et Weibo, mais des défenseur-ses des droits humains ont aussi effectué des voyages dans le village de Dongshigu, pour tenter de rendre visite à Chen et sa famille.