Posted 2011/10/31
Indonésie: Les défenseurs des droits humains Petrus W. Ajamiseba et Leo Wandegau membres de All Indonesia Labour Federation, tués par la police
Les 10 et 15 octobre 2011, les défenseurs des droits humains et militants travaillistes Petrus W. Ajamiseba et Leo Wandegau sont décédés après avoir été blessés par la police lors d’une manifestation qui a eu lieu dans la province de Papouasie, le 10 octobre.
Informations Complémentaires
Petrus W. Ajamiseba et Leo Wandegau étaient militants travaillistes de All Indonesia Labour Federation -SPSI (Fédération travailliste d’Indonésie). SPSI est un syndicat national qui compte des sections dans 33 provinces du pays, et qui œuvre afin d’améliorer les normes du travail et les droits de tous les travailleurs en Indonésie.Le 10 octobre 2011 vers 10h30, près de 100 policiers d’un commissariat local dans la province de Papouasie ont ouvert le feu contre les manifestations organisées par la section du SPSI en Papouasie.
Près de 2000 travailleurs de Freeport McMoran, une compagnie minière, et membres du SPSI en Papouasie, organisent des manifestations pacifiques depuis le 15 septembre 2011. Ils appellent la compagnie américaine à améliorer les conditions de travail des ouvriers en augmentant leur salaire, et en mettant à leur disposition une assurance santé et une retraite.
Les policiers sont positionnés à environ 50 mètres au nord et à l’ouest du site de la manifestation depuis le 15 septembre. Front Line a obtenu des enregistrements vidéo originaux et a pu constater que la police est lourdement armée et possède des fusils automatiques. Petrus W. Ajamiseba a été atteint par deux balles au bras gauche. Il a été déclaré mort avant d’arriver à l’hôpital RSUD Mimika. Leo Wandegau est décédé quelques jours plus tard, le 15 octobre 2011, chez lui, d’une blessure par balle dans le dos. De plus, huit autres militants travaillistes ont été grièvement blessés dans la fusillade.
SPSI a porté plainte devant la police de Timika le 10 octobre et devant la police nationale de Jakarta le 12 octobre. La plainte a été soumise au Brigadier général Dzainal Syarief, le responsable de la Division des Relations Publiques. Selon Dzainal Syarief, une équipe d’enquêteur va être mise en place et envoyée à travers la province de Papouasie. Les membres de SPSI ont aussi donné des photos et des enregistrements de l’incident à la police. Le 15 octobre, une plainte a été déposée devant la Commission Indonésienne des Droits de l’Homme (Komnas Ham). Front Line est profondément préoccupée par les menaces de mort et par le harcèlement dont sont victimes les défenseurs des droits humains affiliés au SPSI. M. Denie Siregal, chef de la police de Mimika, aurait proféré des menaces de mort lors d’un appel téléphonique au président de SPSI Papouasie, M. Sudiro, le 13 octobre, affirmant que la police le tuerait s’il continuait à diriger la manifestation. La police a aussi intimidé plusieurs militants travaillistes en les menaçant de les arrêter s’ils poursuivaient le mouvement. En avril 2011, deux membres de SPSI ont été retrouvés morts dans leurs voitures, près de Freeport.
Front Line condamne fermement les assassinats des défenseurs des droits humains Petrus W. Ajamiseba et Leo Wandegau. Front Line pense que les décès des deux membres du SPSI et les blessures des huit autres membres, ont un lien direct avec leur travail légitime en faveur des droits humains, notamment leur combat pour améliorer les conditions de travail des ouvriers.
Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information






