Colombie: menaces contre la défenseuse des droits humains Lina Paolo Malagón Díaz
Front Line est très préoccupée suite aux menaces proférées par fax contre Mme Lina Paolo Malagón Díaz, le 2 mars 2009. Dans ce fax, Lina Paolo Malagón Díaz était listée comme étant une cible militaire et accusée d’êtres liée à las Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia – FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie). Lina Paolo Malagón Díaz est membre de la Comisión Colombiana de Juristas – CCJ (Commission Colombienne des Juristes).
Informations complémentaires
En février 2009, elle a écrit un rapport sur le combat contre l’impunité dans le cas de violations des droits de syndicalistes. Le rapport a été présenté le 12 février 2009, lors d’une réunion organisée par le Représentant George Miller, Président de la Commission sur l’Education et le Travail de la Chambre des Représentants des Etats-Unis, afin de présenter la situation des droits des travailleurs en Colombie et de mettre fin aux violences contre les syndicats. Le Président Alvaro Uribe aurait déclaré que les participants à cette rencontre étaient des personnes qui déforment la vérité par haine politique.
Le 2 mars 2009, vers 12h21, le CCJ a reçu un fax menaçant envoyé par le AUC Bloque Capital de las Águilas Negras (Bloc capital des Aigles Noirs), une branche du groupe paramilitaire Aigles Noirs.
Dans ce fax, Lina Paolo Malagón Díaz était listée comme étant une cible militaire et accusée d’être liée aux FARC, un mouvement de guérilla. Le fax la décrivait comme « La puta guerrillera que trabaja defendiendo a los sindicalistas » (la pute guérillera qui défend les syndicalistes) et disait que le CCJ était rempli de militants communistes.
De plus, les expéditeurs du fax savent où Lina Paolo Malagón Díaz travaille, avec qui elle passe du temps, ainsi que ce qu’elle fait au quotidien. Ils lui ont dit qu’ils surveillaient son domicile et sa famille. Le fax contenait son numéro de téléphone et l’avertissait que si elle ne quittait pas Bogotá d’ici un jour, ils mettraient leurs menaces à exécution.
Le fax faisait référence à un autre membre du CCJ, contraint de quitter la Colombie fin 2008 après avoir été persécuté et menacé par le AUC Bloque Capital de las Águilas Negras. Auparavant, d’autres membres du CCJ ont été victimes de menaces et de campagnes de diffamation menées par des groupes paramilitaires.
Front Line pense que les menaces proférées contre Lina Paolo Malagón Díaz ont un lien direct avec son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains. Front Line considère que ceci fait partie d’une campagne de harcèlement contre les membres du CCJ. Front Line est très inquiète pour l’intégrité physique et psychologique de Lina Paolo Malagón Díaz, ainsi que pour sa famille et les autres membres du CCJ.
Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.
Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.