Posted 2011/3/28

RDC: Intimidation et agression contre des défenseur-ses des droits humains à Goma

Depuis deux semaines, les défenseur-ses des droits humains, M. Jeredy Malonga Kambasu, Mme Justine Masika Bihamba et les membres de l’organisation BEDEWA, sont victimes d’actes d’intimidation et d’agressions dans la ville de Goma.

Informations Complémentaires

Jeredy Malonga Kambasu est enquêteur pour le Centre de recherche sur l'environnement, la démocratie et les droits – CREDDHO et Justine Masika Bihamba est Coordinatrice de Synergie des Femmes pour les Victimes des Violences Sexuelles – SFVS.

Les actes d’intimidation incluent des menaces publiques proférées par les autorités locales et des représentants politiques les 10 et 14 mars 201. De plus, Jeredy Malonga Kambasu a été agressé le 15 mars 2011, tout comme un membre de la famille de Justine Masika Bihamba cinq jours auparavant. Ces incidents ont eu lieu après que des représentants de leurs organisations aient parlé des liens entre les opérations minières et l’insécurité dans la région.

Le 15 mars 2011, Jeredy Malonga Kambasu a été agressé dans la rue alors qu’il se rendait au bureau de CREDDHO. A l’endroit communément appelé « Entrée Président », sur l’avenue qui mène au bureau du gouverneur, trois hommes armés de pierres l’ont attaqué et passé à tabac jusqu’à ce qu’il tombe au sol. Une fois au sol, l’un des hommes a pris son téléphone portable et les hommes ont continué à le frapper à plusieurs reprises au bras et au genou, avec la nette intention de lui causer une douleur importante.

Le 10 mars 2011 vers 18h30, près de l’entrée de la résidence de Justine Masika Bihamba , des inconnus en civil se sont approchés de sa fille qui rentrait de l’école. Les hommes lui ont bloqué le passage et l’ont forcé à leur donner son passeport et un appareil photo numérique. Selon la victime, les hommes l’avaient confondue avec sa mère.

Ces deux incidents font suite à de récentes déclarations intimidantes, faites en public par le maire de Goma et par un membre du parlement national. Le 10 mars 2011, quelques heures avant l’incident impliquant la fille de Justine Masika Bihamba, le maire de Goma, M. Tumbula Rashidi, a publiquement condamné les coordinateurs de SFVS, CREDDHO et BEDEWA. Lors d’une conférence organisée par la Fédération des Entreprises du Congo – FEC dans les locaux de la Crois Rouge à Goma, pour marquer la levée de l’interdiction des activités minières dans la région, le maire a fait une référence explicite à la « coordinatrice de l’organisation SFVS » [Justine Masika Bihamba] qui « ne sait pas ce qu’elle fait » et qui « va toujours en Europe pour nous accuser ».

Le maire aurait alors mis en garde les défenseur-ses des droits humains, en annonçant qu’il demanderait au gouvernement d’identifier et punir les personnes qui sont derrière « ces déclarations négatives ». Il faisait référence à une lettre envoyée le 7 mars 2011 par SFVS, au nom de 30 organisations de défense des droits humains, aux autorités des Etats-Unis, appelant à l’application rapide de la nouvelle loi américaine aux entreprises impliquées dans des opérations minières en RDC (Dodd-Frank Wall Street Reform et Consumer Protection Act). La lettre du SFVS fait suite à la demande du FEC aux autorités américaines, réclamant le report de l’application de la loi jusqu’en 2015.

Des menaces similaires ont été proférées le 14 mars 2011, la veille de l’agression de Jeredy Malonga Kambasu, par un membre du parlement congolais, le Sénateur Mwangacucu, lors d’une autre rencontre concernant l’exploitation des ressources naturelles, organisée à Goma par la Conférence Internationale sur la Région des Grand Lacs – CIRGL.

En janvier 2011, Justine Masika Bihamba a déjà été victime d’intimidation après une interview qu’elle a donnée fin 2010 à une chaine de télévision étrangère. Front Line est très préoccupée par ces incidents, ainsi que par la possibilité que ces derniers soient liés aux déclarations faites par les autorités contre le travail légitime des défenseur-ses des droits humains.

Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information