Posted 2010/11/28

Mexique: Menaces de mort contre la défenseuse des droits humains Mme Margarita Martínez Martínez et des membres de Frayba

Le 24 novembre 2010, Mme Margarita Guadalupe Martínez Martínez, la femme du défenseur Adolfo Guzmán Ordaz, a de nouveau reçu des menaces de mort proférées par des inconnus, après avoir été interceptée dans une rue de San Cristobal de la Casas, alors qu’elle marchait sans les gardes chargés de sa protection.

Informations Complémentaires

Adolfo Guzmán Ordaz est membre de l’organisation Enlace, Comunicación y Capacitación – Enlace CC (Connexion, Communication et Formation). Enlace CC est une organisation de la société civile basée au Chiapas et qui œuvre en faveur du développement durable des communautés indigènes et des travailleurs ruraux dans le centre et le sud du Mexique. Les droits humains et l'égalité des genres sont les principes clés de l'organisation.

Le 1er mars 2010 et le 23 décembre 2009, Front Line avait lancé des appels au sujet des menaces de mort proférées contre Margarita Martínez Martínez et sa famille. Les menaces faisaient aussi référence à l'organisation Centro de Derechos Humanos Fray Bartolomé de Las Casas A.C. -Frayba, une organisation indépendante qui promeut et défend les droits humains des populations indigènes dans l’état du Chiapas.

Le 24 novembre 2010, Margarita Martínez Martínez s’est rendue dans un café du centre ville de San Cristóbal de Las Casas, après une réunion avec un représentant du Cabinet de la Haute Commissaire aux Droits Humains. En quittant le café, elle a remarqué que le garde chargé de sa protection, un policier assigné pour sa sécurité dans le cadre des mesures de protection recommandées par la Commission Interaméricaine des Droits Humains, ne l’attendait pas devant le café.

Elle a quand même quitté le café et a marché un pâté de maison lorsqu’elle a été interceptée par des inconnus. L’un d’eux était dans un van Ranger et l’autre, qui était à pied, lui a dit de se rendre à deux pâtés de maisons plus loin, où une autre personne lui donnerait plus d’instructions. Ils ont menacé de la tuer si elle ne faisait pas ce qu’ils lui demandaient.

Lorsqu’elle a vu le troisième individu, ce dernier lui a remit un bout de papier sur lequel été écrit un message composé de lettres découpées dans des journaux. Le papier disait « Diego en tus manos esta la vida de este familia, enfrentarás cargos, Defensores la verga » (Diego, la vie de cette famille est entre tes mains, tu feras face aux charges, connerie de défenseur).

L’individu lui a ordonné d’apporter cette note aux bureaux de Frayba, dont le Directeur est Diego Cadenas Gordillo, car « son unos pinches culeros de mierda, solo andan desestabilizando al Estado, justifican sus gastos según a favor de los más necesitados a favor de la justicia, que justicia ni que la madre justicia, mi verga» (se sont des bandits de merde, ils veulent juste déstabiliser l’Etat, ils justifient leurs dépenses en disant qu’ils veulent aider les plus pauvres pour que justice soit rendue, quelle justice, même pas la mère justice, connerie).

Après lui avoir demandé de remettre ce mot et les autres menaces au personnel de Frayba, l’inconnu lui a demandé de marcher quelques pâtés de maison et de prendre un taxi jusqu’au cimetière municipal « para platicar con tus muertitos porque ya pronto te vas a encontrar con ellos» (pour bavarder avec tes petits morts, parce que bientôt tu te retrouveras avec eux), et de prendre ensuite un taxi jusqu’au marché « sin hacer pendejadas porque eres persona muerta» (sans rien faire de stupide parce que tu es déjà morte).

Les deux hommes ont suivi Margarita Martínez Martínez dans un van blanc, afin de s’assurer qu’elle respectait les instructions, mais une fois dans le centre ville elle a réussi à semer le véhicule dans la circulation. Elle s’est immédiatement rendue aux bureaux de Frayba.

L’officier de police en charge de sa sécurité a déclaré qu’il n’a jamais quitté le café où Margarita Martínez Martínez se trouvait et qu’il ne l’a pas vue sortir.

Le 23 novembre 2010, il y a eu une coupure d’électricité au domicile de Margarita Martínez Martínez, ce qui a empêché les caméras de surveillance de fonctionner.

Front Line pense que Margarita Martínez Martínez, sa famille et Frayba sont pris pour cibles à cause de leurs activités en faveur des droits humains, notamment les droits des populations indigènes au Mexique. Front Line est extrêmement préoccupée pour l’intégrité physique et psychologique de Margarita Martínez Martínez et de sa famille, ainsi que pour tous ceux qui travaillent pour Frayba. Front Line considère que ces incidents font partie d’une campagne de harcèlement, d’intimidation, de stigmatisation et de menaces, dans un environnement hostile et dangereux pour les défenseur-ses des droits humains au Mexique et particulièrement dans l’état du Chiapas.

Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information