Colombie: assassinat du défenseur des droits humains Walberto Hoyos Rivas

Publié le 2008/10/30

Front Line est profondément attristée par l’assassinat du défenseur des droits humains Walberto Hoyos Rivas le 14 octobre 2008. Walberto Hoyos Rivas était membre de la Comisión Intereclesial de Justicia y Paz (CIJP) basée dans le district humanitaire de Caño Manso dans la zone de Curbaradó, Chocó, Colombie, où il oeuvrait en faveur des personnes déplacées.

Informations complémentaires

Le 14 octobre 2008, vers 13 heures, Walberto Hoyos Rivas venait de quitter une réunion de la communauté et se trouvait sur l’autoroute qui relie Caño Manso à Belén de Bajirá, lorsque deux hommes en moto se sont approchés de lui. Ces deux hommes ont été identifiés comme faisant partie d’un groupe paramilitaire. Un des deux hommes, qui conduisait une moto bleue de la marque Honda, a tiré sur Walberto Hoyos Rivas, qui a été tué sur le coup. Les hommes ont quitté la scène après le premier coup de feu, mais ils sont retournés sur les lieux environ cinq minutes plus tard et ont à nouveau tiré dans le visage de Walberto Hoyos Rivas afin de le défigurer. Les assassins ont ensuite volé son téléphone portable et le téléphone que la communauté avait utilisé pour son réseau d'alerte.

Le jour où Walberto Hoyos Rivas a été assassiné, il avait été appelé devant la Cour Pénale d’Antioquia afin de témoigner contre les paramilitaires Julio Cesar Silvar Borja et Pablo José Montalvo, dans l’affaire de l’enlèvement et du meurtre d’Orlando Valencia. Walberto Hoyos Rivas avait déjà témoigné devant la Cour au sujet de la manière dont ils avaient planifié et exécuté la « disparition » forcée d’Orlando Valencia le 15 octobre 2005, et assassiné celui-ci le 24 octobre 2005.

Front Line avait lancé un appel le 2 octobre 2007 au sujet d’une tentative d’assassinat liée à l’affaire mentionnée ci-dessus. Cette tentative a eu lieu le 17 septembre 2007 lorsqu’un homme a pénétré chez Walberto Hoyos Rivas et son frère à Belén de Bajirá, et a tiré des coups de feu, blessant grièvement les deux hommes. Suite à cette tentative de meurtre, la Cour Inter-Américaine des Droits de l’Homme a demandé à l’Etat d’adopter des « mesures adéquates afin de protéger efficacement la vie et le droit à un traitement humain pour tous les membres du Consejo Comunitario del Jiguamiandó (Conseil Comunautaire de Jiguamiandó) et les familles du Curbaradó ».

Lors de cette affaire, Walberto Hoyos Rivas avait aussi témoigné au sujet de l’usurpation de terres collectives par les organisations paramilitaires, pour des projets agro-industriels dans la région du Bajo Atrato: plantations de palmiers à huile, déforestation intensive, élevage extensif et développement d’une économique paramilitaire stratégique dans la région. En août 2007, Walberto et Miguel Hoyos Rivas ont aussi joué un rôle important dans le retour à Caño Manso de 80 familles déplacées. Ces familles avaient été déplacées par la force par des groupes armés illégaux en 1997.

Après leur rétablissement suite à la tentative d’assassinat de septembre 2007, Walberto et Miguel Hoyos Rivas étaient récemment retournés dans la région de Bajo Atrato. Walberto Hoyos Rivas avait pu bénéficier de mesures de sécurité mises en place par le ministère de l’intérieur et de la Justice; ces mesures incluaient un garde du corps du Département Administratif de Sécurité ainsi qu’une voiture. Toutefois, le jour de son assassinat, les personnes chargées de la sécurité de Walberto Hoyos Rivas ne sont pas venues travailler, affirmant que le véhicule qu’elles utilisaient pour sa protection avait été endommagé.

Front Line pense que l’assassinat du défenseur des droits humains Walberto Hoyos Rivas est lié à ses actions en faveur des droits humains, et particulièrement à son travail en tant que leader de communauté œuvrant pour les familles déplacées dans la zone de Curbaradó. Par ailleurs, Front Line est très inquiète car, à ce jour, il n’y a eu aucune arrestation dans l’affaire de la tentative d’assassinat des frères Hoyos en 2007.

Front Line craint que ce dernier assassinat fasse partie d’une campagne de harcèlement contre les défenseurs des droits humains et les membres de la communauté de la région de Curbaradó. En effet, en août 2008, les membres du CIJP ont reçu des menaces par téléphone et un des membres a été enlevé. Front Line est très inquiète en ce qui concerne la prolifération des groupes armés illégaux dans la zone humanitaire de Curbaradó.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.