Philippines: menaces de mort contre des défenseurs de KARAPATAN-Cebu et accusation d’enlèvement contre Vimarie Arcilla

Front Line est profondément préoccupée suite aux menaces de mort proférées contre Dennis Abarrientos, Vimarie Arcilla, Jean Suarez et Concordia Oyao. Ces menaces ont été envoyées via sms sur leur téléphone portable et le 79ème bataillon d’Infanterie de l’armée des Philippines (IB-PA) a lancé des accusations d’enlèvement contre Vimarie Arcilla. Dennis Abarrientos est le secrétaire général de Karapatan-Cebu; Vimarie Arcilla en est la porte-parole; Jean Suarez est le responsable de la recherche et de la documentation, et Concordia Oyao est responsable des services directs. L’Alliance Karapatan pour l’émancipation des droits des peuples est une alliance d’individus, de groupes et d’organisations qui oeuvrent pour la promotion des droits humains aux Philippines.

Informations complémentaires

Publié le 10/09/2008. Le 21 août 2008, les défenseurs des droits humains mentionnés ci-dessus assistaient à une réunion du personnel dans leurs bureaux de Cebu quand ils ont simultanément reçu des sms venant de « Joy » et « Benjie », des numéros +63 905 9393006 et +63 909 6217843. Les sms les prévenaient « Je sais ce que vous faites DH (droits humains). Votre temps est fini !! » et « arrêtez vos missions où vous chercher les fautes… ou vous subirez les conséquences !! ». Il est de notoriété publique que les noms de code « Joy » et « Benjie » sont utilisés par des personnes liées aux 3ème groupe de relations civiles et aux services de renseignement des forces armées des Philippines - Groupe Militaire de Renseignements (ISAFP-MIG).

Karapatan-Cebu a mené une mission de recherche de faits et a publié une fiche d’information (numéro 08042 :nor) concernant la disparition forcée d’un résident de Barangay San Jose à Bohol, accusé d’être un membre de la Nouvelle Armée du Peuple. La fiche d’information avait conclu que les forces en opération du 79ème IB-PA avaient organisé la disparition le 11 juin 2008.

Le 20 juillet 2008, suite à la publication de la fiche d’information de Karapatan, le 79ème IB-PA a accusé Vimarie Arcilla d’enlèvement, ainsi que quatre autres membres de la mission. Ils prétendent que les membres de la mission ont enlevé un des témoins de la disparition et l’ont forcé à témoigner contre le bataillon. Karapatan-Cebu a été en contact pour la dernière fois avec le témoin le 16 août 2008. Suite à cette rencontre, il aurait été escorté par des agents du 79ème IB-PA en civil. Il n’a plus été vu depuis cette date.

Front Line pense que les allégations d’enlèvement contre les membres de Karapatan-cebu font partie d’une campagne de harcèlement contre les défenseurs des droits humains, et sont une tentative de déclencher des poursuites contre eux afin de discréditer leurs activités légitimes et pacifiques en faveur des droits humains. En avril 2006, le 78ème IB-PA a déposé plusieurs plaintes pour meurtre contre Vimarie Arcilla, après qu’elle ait mené une enquête sur des atrocités qui auraient été commises par le bataillon contre la population de Tabuelan Cebu. Les charges ont été rejetées par le tribunal régional 7, branche 29, dans la ville de Tolède, Cebu, pour « manque de raison probable ». De plus, il semble que les menaces de mort qu’ont reçues Dennis Abarrientos, Vimarie Arcilla, Jean Suarez et Concordia Oyao ont pour but d’intimider les membres de l’organisation, de les dissuader de poursuivre leurs missions de recherche de faits et de rapporter les violations des droits humains aux Philippines. Front Line est inquiète pour l’intégrité physique et psychologique de tous les membres de Karapatan.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.