Posted 2010/10/19
Liban: Des ONGs internationales publient une déclaration commune au sujet des menaces de torture contre le défenseur des droits humains Ghassan Abdallah
Le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits Humains (REMDH), Front Line et l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits Humains, un programme joint de la Fédération Internationale des Droits Humains (FIDH) et de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), sont profondément préoccupées par l’interrogation de M. Ghassan Abdallah, Directeur Général de L’Organisation Palestinienne des Droits Humains (PHRO), par les services de renseignements de l’armée libanaise le 9 octobre 2010, lors duquel il a été menacé de torture.
Texte Complet de la Déclaration
Selon certaines sources, le 5 octobre 2010, le Colonel Asmar a téléphoné à M. Abdallah et lui a demandé de se rendre au Département des Services de Renseignements le lendemain pour une prétendue tasse de café.
M. Abdallah n’était pas disponible le 6 octobre et il a donc convenu avec le Colonel Asmar de se rendre au Département le 9 octobre. A son arrivée, il a été conduit dans le bureau du Colonel Asmar pour un interrogatoire. M. Abdallah a été accusé de traiter avec le REMDH, qui, selon les interrogateurs, compte des organisations considérées comme sionistes.
Abdallah a répliqué que la PHRO est membre du REMDH depuis 2002. Il a expliqué que ce réseau bien établi d’organisations internationales de défense des droits humains de 30 pays différents, a été créé en 1997 en réponse à la Déclaration de Barcelone et regroupe des organisations du Nord et Sud de la Méditerranée afin d’améliorer ensemble la situation des droits humains en Europe et les pays du sud de la Méditerranée.
M. Abdallah a alors été interrogé au sujet d’un récent séminaire organisé par la PHRO qui traitait de la politique d’accès au camp de réfugiés palestiniens de Naher al-Bared, au Liban, que la PHRO a organisé dans son nouveau centre ouvert en mars 2010 à Nahr al-Bared.
Durant l’interrogatoire, Colonel Asmar a quitté la pièce et pendant ce temps là, M. Abdallah a pu entendre des cris faisant référence à la préparation d'instruments de torture (falaqa), provenant de la pièce d’à coté. Lorsque M. Abdallah a demandé à celui qui l'interrogeait ce qui se passait, ce dernier a répondu « J’attends les ordres des supérieurs qu’ils décident ce qu’ils veulent de vous ».
M. Ghassan Abdallah a quitté les lieux trois heures plus tard, après avoir été informé que désormais, à chaque fois que la PHRO a besoin d’un permis d’accès au camp, son Directeur devra se rendre au Département des Services de Renseignements.
Les organisations soussignées considèrent que l’interrogatoire de M. Abdallah est motivé par la volonté d’intimider et de harceler la PHRO.
Ce type d’intimidation ne met pas seulement en danger les activités des défenseur-ses des droits humains, mais il minimise aussi la réputation du Liban comme un lieu de tolérance pour les défenseur-ses des droits humains dans la région.
Le REMDH, Front Line et l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits Humains appellent les autorités libanaises à :
1. Assurer que l’intégrité physique et psychologique de M. Ghassan Abdallah, des employés et des membres du PHRO soit garantie ;
2. Mettre fin à tout acte de harcèlement, intimidation et menaces contre M. Ghassan Abdallah et plus généralement contre tou-tes les défenseur-ses des droits humains au Liban ;
3. Ordonner une enquête complète et impartiale sur les faits mentionnés ci-dessus afin de clarifier les raisons qui se cachent derrière cet interrogatoire et d’identifier et juger devant un tribunal indépendant, toutes les personnes responsables de ces actes de harcèlement contre M. Abdallah ;
4. Respecter les provisions de la Déclaration des Nations Unies sur la Protection des Défenseurs des Droits Humains et en particulier l’article Premier « Chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits humains et des libertés fondamentales aux niveaux national et international » et l’article 12.2 « L’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration. »
5. Assurer en toutes circonstances, le respect des droits humains et des libertés fondamentales selon les standards internationaux en matière de droits humains et les instruments internationaux ratifiés par le Liban
Contact :
REMDH: Shaimaa Aboul Khir +45 32 64 17 16
OMCT : Seynabou Benga: + 41 22 809 49 39
FIDH: Karine Appy: + 33 1 43 55 25 18
Front Line: Jim Loughran : +353 1 212 37 50
Le texte complet de la déclaration est disponible dans le fichier PDF ci-joint.
| Fichier attaché | Taille |
|---|---|
| JointstatementonbehalfofLebanesehumanrightsdefenderGhassanAbdallah.pdf | 168.57 Ko |






