Ouzbékistan: agression et détention des défenseurs des droits humains Zohir Hasanzoda, Pardakul Turakulov et Kamiljon Ashurov
Front Line est profondément préoccupée suite à l’agression et à la détention des défenseurs des droits humains Zohir Hasanzoda, Pardakul Turakulov et Kamiljon Ashurov. Zohir Hasanzoda est journaliste pour l’Ovozi Tojik (La Voix de Tajik) et le correspondant de ce journal dans la région de Samarkand. Pardakul Turakulov est journaliste freelance pour le même journal. Ces deux journalistes sont aussi membres du Centre pour les Initiatives des Droits Humains à Samarkand, dirigé par Kamiljon Ashurov.
Informations complémentaires
Publié le 11/08/2008. Zohir Hasanzoda, Pardakul Turakulov et Kamiljon Ashurov auraient été accusés d’hooliganisme au nom de l’article 277, partie 2 du Code Criminel Ouzbèk, après les plaintes de Mme Dilnavoz Mirmuhammedova et Mme Salomat Hamrayeva, qui les accusent de les avoir physiquement agressées dans la rue, le 5 août 2008.
Zohir Hasanzoda, Pardakul Turakulov et Kamiljon Ashurov nient cette version des faits et déclarent que ce sont eux qui ont été agressés par les femmes après leur enquête sur une escroquerie au marché local (sur la pesée), ainsi que sur la reconstruction des locaux du marché. Alors que les hommes quittaient le marché, un groupe de femmes s’est approché d’eux, car elles étaient inquiètes à cause de cette enquête, et elles auraient commencé à les agresser. L’altercation a été interrompue par la police qui a demandé aux hommes de patienter dans un véhicule de police, avec lequel ils ont été conduits au poste de police 11. Une fois au commissariat, près de 15 femmes sont entrées dans la pièce où ils se trouvaient et elles les ont insultés verbalement. Les policiers ont fait sortir les femmes de force, mais elles sont à nouveau entrées et ont battu Zohir Hasanzoda et Pardakul Turakulov. A ce moment-là, un policier donnait un médicament à Kamiljon Ashurov, qui venait de ressentir une douleur au cœur. Lorsqu’il s’est évanoui, le groupe de femmes a quitté la pièce. Une ambulance est arrivée et Kamiljon Ashurov a été examiné.
Zohir Hasanzoda et Pardakul Turakulov ont été placés dans des pièces séparées et ils ont subi une fouille corporelle en présence de témoins. Leur téléphone portable, appareil photo, carnet de note et autres objets personnels ont été saisis par la police. Les trois hommes ont ensuite été conduits au département de police de la ville de Samarkand, où des policiers les ont interrogés au sujet de l’altercation de l’après-midi dans la rue. Les policiers ont tenté de contraindre les trois hommes d’admettre qu’ils avaient attaqués les femmes. Les hommes ont refusé et ont été accusés d’«hooliganisme ».
Front Line pense que l’agression de Zohir Hasanzoda, Pardakul Turakulov et Kamiljon Ashurov, ainsi que les accusations retenues contre eux, ont un lien direct avec leurs actions légitimes et pacifiques en faveur des droits humains, et est très inquiète pour leur intégrité physique et psychologique. Par ailleurs, Front Line craint que les incidents qui impliquent des individus ou des groupes de femmes qui agressent verbalement ou physiquement des défenseurs des droits humains, fassent partie d’une tentative pour restreindre le travail des défenseurs des droits humains en Ouzbékistan.
Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.
Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.