Ouzbékistan: refus de délivrer des visas de sortie à plusieurs défenseurs des droits humains de la région de Djizak

Front Line est profondément préoccupée suite au refus des autorités de délivrer des visas de sortie à plusieurs défenseurs des droits humains, et suite au retard de plusieurs mois dans les procédures.

Informations complémentaires

Publié le 28/07/2008. Ihtiyor Hamraev, membre de l’Human Rights Society of Uzbekistan (HRSU) et fils de l’éminent défenseur des droits humains Bakhtiyor Hamraev ; Saida Kurbonova, présidente de l’HRSU dans le district de Pakhtakor ; Ziyadullo Razakov, président de l’International Human Rights Society of Uzbekistan dans le district de Djizak ; Mamir Azimov, président de l’HRSU dans le district de Djizak ; et Uktam Pardaev, président de l’Independent Human Rights Society of Uzbekistan dans le district de Djizak, ont tous fait une demande de visa de sortie du territoire à l’Otdel vizy' i registratsiy (OVIR – Département des visas et des inscriptions), titre obligatoire pour chaque citoyen d’Ouzbékistan qui veut quitter le pays. Selon le système de demande de visa, la procédure dure 21 jours.

Ihtiyor Hamraev a fait une demande de visa le 16 mars 2008 et a payé 9.700 sums (environ 8 dollars). Il a rencontré le chef de l’OVIR, Batir Satarov, à six reprises, mais ce dernier lui a dit que sa demande avait été refusée sur ordre des Service de la Sécurité Nationale d’Ouzbékistan. Le refus serait dû au fait qu’Ihtiyor Hamraev a récemment été libéré de prison. Le 25 septembre 2006, Ihtiyor Hamraev a été arrêté et accusé de hooliganisme au titre de l’Article 277 (2)g du Code Pénal, et condamné à trois ans de prison. Il a été libéré grâce à une amnistie le 2 février 2008. Front Line pense que son arrestation et son inculpation sont liées à son action en faveur des droits humains, ainsi qu’aux critiques de son père vis-à-vis du gouvernement ouzbek. Ihtiyor Hamraev est actuellement au Kirghizstan, où il a fait une demande d’asile car il craint d’être à nouveau arrêté et emprisonné dans son pays.

Saida Kurbonova a fait une demande de visa le 12 avril 2008. Elle a rencontré le chef de l’OVIR, Batir Satarov, à huit reprises et à chaque fois, il l’a informé qu’il n’avait reçu aucune autorisation de Tachkent. Saida Kurbonova aurait été menacée d’être expulsée de chez elle en février 2008, pour avoir organisé et participé à une série de manifestations pacifiques, pour protester contre le manque de chauffage domestique et d’électricité dans la région de Djizak. Elle a déjà été placée sous surveillance ; elle a été attaquée dans la rue et sa famille a aussi été menacée.

Ziyadullo Razakov a fait une demande de visa en avril 2008. A ce jour, il n’a reçu aucune réponse.

Mamir Azimov a fait une demande de visa le 4 mars 2008. Il s’est rendu au Département à quatre reprises, afin de se renseigner sur l’état de sa demande et, à chaque fois, il a été informé que Tachkent n’avait toujours pas envoyé de réponse.

Uktam Pardaev a fait une demande de visa le 6 février 2008, mais n’a toujours pas reçu de réponse. Il a envoyé une plainte au chef de l’OVIR, restée sans réponse, ainsi qu’une plainte au bureau de Procureur de Djizak, T.H. Sagatov.

Il semble que le refus des autorités de délivrer des visas de sortie aux défenseurs des droits humains cités ci-dessus ait un lien direct avec leurs actions en faveur des droits humains et de la démocratie en Ouzbékistan. Ce refus semble être une tentative des autorités visant à réduire au silence leurs critiques et à les empêcher de voyager pour qu’ils ne puissent parler des violations des droits humains dans le pays.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.