Posted 2010/9/3
Honduras: Enlèvement, surveillance, menaces, harcèlement et intimidation des membres d'une organisation LGBTI
Front Line fait part de ses profondes inquiétudes concernant les récents incidents d'enlèvement, de surveillance, menaces, harcèlement et intimidations contre les membres d'une organisation LGBTI, Asociación por una Vida Mejor- APUVIMEH (Association pour une vie meilleure).
Informations Complémentaires
APUVIMEH travaille avec la communauté lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre et intersexe, et les personnes affectées par le sida au Honduras. Elle offre aussi un refuge, « Casa Renacer », aux malades du sida et à la communauté LGBTI et dirige plusieurs projets, y compris des programmes de prévention contre le sida et les maladies sexuellement transmissibles, ainsi qu'un projet pour les jeunes homosexuels.
Au cours des derniers mois, des membres et employés d'APUVIMEH ont été placés sous surveillance, menacés, enlevés et intimidés. Le 14 août 2010, un responsable d'APUVIMEH qui travaille sur le projet de prévention du sida – dont Front Line connaît le nom mais le tient secret pour des raisons de sécurité- a été enlevé devant les bureaux d' APUVIMEH. Il semble que les coupables, qui n'ont pas été identifiés, lui aient placé un mouchoir dans la bouche, ainsi qu'une pilule. Il semble que cette pilule ait été un somnifère car le responsable d' APUVIMEH a perdu conscience et ne peut se rappeler de rien ensuite. Environ 19 heures plus tard l'homme a été retrouvé à près de 30 km de la ville de San Juancito. Ce qui lui appartenait a été volé, y compris sa carte d'identification à l'université, ses cartes de crédit, son téléphone portable, des livres et des carnets de notes. Par peur des représailles, la famille a décidé de ne pas dénoncer cet enlèvement aux autorités, et la victime est profondément traumatisée par cette attaque.
Dans la semaine du 9 août, quelques jours avant l'enlèvement, la résidence de Mme Sandra Zambrano, Directrice de Projet chez APUVIMEH, a été placée sous surveillance par des hommes armés. Des inconnus se sont placés devant sa maison pendant une demie heure, posant des questions sur Sandra Zambrano et sa famille aux passants et aux voisins. Le 13 août vers 09h00, des gens ont remarqué que les bureaux d' APUVIMEH été surveillés par un inconnu. Le 20 août, APUVIMEH a porté plainte devant l'Unité pour les Droits Humains du Ministère de la Sécurité, et a demandé des mesures de sécurité. Il a été décidé qu'une patrouille de police veillerait sur la maison de Sandra Zambrano et une autre veillerait sur les bureaux de l'organisation. Cependant, alors que les policiers ont effectué leurs patrouilles le 23 août comme prévu, elle n'est pas revenue depuis et la police n'a pas contacté Sandra Zambrano.
Par ailleurs, APUVIMEH a rapporté plusieurs autres incidents, tels que des menaces et des actes de harcèlement. Depuis décembre 2009, cinq membres ont dû quitter le pays afin d'assurer leur sécurité, suite à des menaces de mort, des surveillances, intimidations, demande d'identité en public et surveillance des bureaux. Suite à ces actes d'intimidations et aux surveillances, APUVIMEH a décidé de fermer le bureau du projet pour les jeunes gays, à partir du 2 septembre. Le 17 décembre 2009, Front Line avait lancé un appel urgent en faveur de M. Walter Trochez, un membre d'APUVIMEH brutalement assassiné le 17 décembre 2009.
Front Line fait part de ses sérieuses préoccupations concernant les incidents mentionnés ci-dessus et considère que de telles actions font partie d'une campagne d'intimidation contre les membres de la communauté LGBTI au Honduras, et plus particulièrement contre les défenseur-ses des droits humains LGBTI. Front Line est particulièrement préoccupée pour la sécurité de Sandra Zambrano et d'autres membres d'APUVIMEH et considère que la surveillance, les menaces et actes d'intimidation dirigés contre eux/elles ont un lien direct avec leur travail pour la défense des droits humains. Cette campagne est de plus en plus violente: au moins 30 membres de la communauté LGBTI auraient été tué-es depuis début 2010 et il y a plusieurs affaires de LGBTI qui ont fui le pays pour des raisons de sécurité.
Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information












