Posted 2010/9/2
Mexique: Mise à jour – Le défenseur des droits humains M. Raúl Hernández Abundió, libéré après avoir été totalement disculpé par la Cour
Raúl Hernández AbundióLe défenseur des droits humains M. Raúl Hernández Abundió a été libéré après avoir passé plus de deux ans en prison pour un crime qu'il n'a pas commis.
Informations Complémentaires
Vendredi 27 août 2010, le Juge de Première Instance Alfredo Sánchez Sánchez, a ordonné la libération immédiate et sans condition de Raúl Hernández Abundió, déclarant officiellement que le défenseur n'est « ni coupable ni responsable juridiquement pour le meurtre d'Alejandro Feliciando García, qui a eu lieu en janvier 2008 ».
Raúl Hernández Abundió avait été arrêté en avril 2008 et accusé du meurtre d'Alejandro Feliciando Garcia, un informateur présumé de la police. Des preuves solides ont été présentées lors du procès, prouvant que le défenseur des droits humains était innocent. Le juge d'investigation qui s'est rendu sur la scène du crime a déclaré que les déclarations des principaux témoins n'étaient pas fiables. De plus, plusieurs témoins de la défense ont prouvé que Raúl Hernández Abundió n'était pas sur la scène du crime à la date et à l'heure du meurtre. Toutefois, le 6 août, le Procureur Général de l'état de Guerrero avait requis la peine maximum de 50 ans de prison contre Raúl Hernández Abundió, lors de la présentation de ses conclusions.
Raúl Hernández Abundió est un défenseur indigène des droits humains, qui travaille avec l'Organización del Pueblo Indígena Me'phaa – OPIM (organisation du peuple indigène Me'phaa). L'organisation œuvre pour la défense des droits des populations indigènes des communautés d'Ayutla de los Libres et Acatepec, Costa Montaña de Guerrero. Les membres de l'OPIM reçoivent des menaces de mort depuis de nombreuses années et, à ce jour, la Cour Inter-américaine des Droits Humains a accordé des mesures de sécurité provisoires à 107 membres de l'OPIM. De nombreuses personnes sont convaincues que l'arrestation de Raúl Hernández Abundió avait des raisons politiques et était une tentative directe de restreindre ses activités légitimes en faveur des droits des populations indigènes de l'état de Guerrero, et notamment ses enquêtes sur des violations commises par les militaires de la région, les autorités et les chefs (communément appelés les « caciques »).
Dans un entretien téléphonique après sa libération dans l'après midi du 27 août, Raúl Hernández Abundió a déclaré qu'il se sentait heureux « maintenant qu'ils m'ont redonné ma liberté » et aussi que « nous allons continuer à travailler afin qu'ils nous donnent des infrastructures, des écoles, des hôpitaux; nous allons continuer à nous battre et je vais continuer à travailler ».
Front Line salue la libération et la disculpation sans condition de Raúl Hernández Abundió. Cependant, Front Line demande instamment aux autorités mexicaines de mettre fin à toute forme de harcèlement et d'intimidation contre Raúl Hernández Abundió et les autres membres de l'OPIM, ainsi que de garantir leur intégrité physique et psychologique.
De plus, Front Line rappelle respectueusement au gouvernement mexicain ses obligations au nom de la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des Droits Humains, et en particulier l'Article 9 (1): « Dans l'exercice des droits de l'homme et des libertés fondamentales, y compris le droit de promouvoir et protéger les droits de l'homme visés dans la présente Déclaration, chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de disposer d'un recours effectif et de bénéficier d'une protection en cas de violation de ces droits»






