Malaisie: procédure ajournée et pas de traitement médical en détention pour l'avocat des droits humains P. Uthayakumar

Front Line est profondément préoccupée suite à l’annonce de retards dans les procédures dans l’affaire du défenseur des droits humains et avocat M. P. Uthayakumar. Il est toujours privé de ses médicaments prescrits pour lutter contre le diabète et il souffre de plusieurs maladies liées à ce diabète. M. P. Uthayakumar est un avocat pour les droits humains qui défend les droits des minorités ethniques indiennes, et il est conseiller juridique pour Hindu Rights Action Force (HINDRAF). Il a été arrêté le 13 décembre 2007 pour avoir organisé une manifestation pacifique.

Informations complémentaires

Publié le 02/07/2008. Le 25 juin 2008, M. P. Uthayakumar devait avoir une audience Habeas Corpus. Ce jour-là, le Directeur des Poursuites Publiques a remis 21 affidavits supplémentaires aux avocats pour P. Uthayakumar. A cause de ces affidavits de dernière minute, l’audition a été reportée au 31 juillet 2008, afin de permettre aux avocats de la défense de se préparer. Une procédure a été lancée devant la Haute Cour de Kuala Lumpur afin de réclamer sa libération pour motif de manque de traitement médical. Front Line pense que l’ajout d’affidavits constitue une tentative délibérée de retarder les procédures judiciaires ainsi que la délivrance d’un traitement médical approprié à M. P. Uthayakumar.

M. P. Uthayakumar est diabétique depuis 1996. Son état de santé nécessite qu’il prenne des médicaments, à savoir 50mg de Glucophage trois fois par jour ainsi que 80mg de Diamicron deux fois par jour, ce qui contrôle le taux de sucre dans son sang et maintient un niveau entre 5 et 7 mmol/L. Après son arrestation le 13 décembre 2007, les autorités de la prison avaient autorisé sa famille à lui fournir ses médicaments. En février 2008, les autorités ont refusé qu’il puisse avoir ses médicaments et ont refusé de lui fournir tout autre traitement alternatif, malgré les demandes officielles de sa famille. M. P. Uthayakumar pense que les autorités de la prison le nourrissent volontairement avec du riz et un curry façon malaisienne, qui est très sucré, dans le but d’affecter sa santé. Le 7 avril 2008, il a été admis à l’hôpital Général de Taiping car il souffrait de soif, de problèmes pour uriner, ainsi que de fatigue, migraines, vertiges, tension trop haute, maladie de peau et problèmes de vue. Son taux de sucre dans le sang atteignait 18,8mmol/L.

M. P. Uthayakumar a été arrêté le 13 décembre 2007 avec Messieurs M. Manoharan, V. Ganapathy Rao, T. Vasanthakumar et R. Kengatharan, au nom du Décret sur la Sécurité Intérieure (Internal Security Act –ISA-) de Malaisie, sous prétexte qu’il menaçait la sécurité nationale en organisant une manifestation pacifique. Les cinq avocats des droits humains s’occupaient, sur une base pro bono, d’affaires de violences policières ainsi que de nombreuses affaires de personnes décédées alors qu’elles étaient en détention préventive. Ils avaient porté plusieurs plaintes contre le gouvernement malaisien et les autorités.

Front Line pense que Messieurs P. Uthayakumar, M. Manoharan, V. Ganapathy Rao, T. Vasanthakumar et R. Kengatharan ont été pris pour cible à cause de leurs actions légitimes en faveurs des droits humains, notamment leur travail en faveur des droits des minorités ethniques indiennes en Malaisie. Front Line est inquiète pour l’intégrité physique et psychologique des défenseurs mentionnés ci-dessus, et particulièrement pour M. P. Uthayakumar, qui souffre de diabète et qui ne reçoit pas le traitement médical nécessaire.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.