Inde: intimidation et harcèlement des organisateurs du Tribunal International du Peuple sur les Droits humains et la Justice
Front Line est profondément préoccupée après que les défenseurs des droits humains Dr Angana Chatterji et l’avocate Parvez Imroz, qui ont organisé le Tribunal du Peuple sur les Droits humains et la Justice, aient été victimes d’actes d’intimidations et de harcèlement. Le Tribunal International du Peuple sur les Droits humains et la Justice dans le Cachemire sous administration indienne a débuté le 5 avril 2008 et a été formé par la Commission Publique sur les Droits Humains dans le but d’enquêter sur les accusations de violence institutionnalisée et de violations des droits humains dans le Cachemire sous administration indienne.
Informations complémentaires
Publié le 23/06/2008. Le 21 juin 2008, Dr Angana Chatterji a été suivie par les services de renseignements alors qu’elle se rendait de son hôtel au tribunal. Huit membres des services de renseignements sont restés postés devant le bureau toute la journée et auraient questionné toutes les personnes qui sont entrées et sorties du bâtiment. Le jour précédent, Dr Angana Chatterji et l’avocat Parvez Imroz avaient été interrogés par douze membres des services de renseignements; ils ont été suivis après l’interrogatoire; des membres des services de renseignements sont montés de force dans la voiture du Tribunal avec laquelle ils se déplaçaient, sans montrer leurs preuves d’identification; les deux défenseurs ont été retenus au poste de police pendant 16 minutes; leurs cassettes ont été saisies; et ils ont à nouveau été suivis lorsqu’ils ont quitté le poste de police.
L’équipe du tribunal a visité des fosses communes dans le Cachemire sous administration indienne. Le 20 juin 2008, vers 15h00, après avoir visité des fosses communes dans le village de Trehgan et après avoir interrogé plusieurs personnes du village, ils se sont arrêtés pour le déjeuner, dans un hôtel à Regipora. Peu après, deux hommes se sont présentés à eux comme faisant partie du Special Branch Kashmir (SBK) et du Counter Intelligence Kashmir (CIK). Les hommes ont interrogé les membres du tribunal sur leur identité, leurs activités, les villages où ils se sont rendus, les personnes qu’ils ont interrogés et si Dr Angana Chatterji – qui est une citoyenne indienne qui vit aux États-Unis – est une étrangère. Quatre autres membres du SBK et du CIK les ont rejoint plus tard, et ont continué à les questionner. Puis, trois autres membres des services de renseignements ont poursuivi l’interrogatoire, demandant aux organisateurs du Tribunal si leur équipe avait pris des photos et filmé dans les endroits où ils s'étaient rendus. Les organisateurs du Tribunal ont été questionnés pendant près d’une heure. Ils ont coopéré en répondant à toutes les questions; ils sont ensuite repartis vers Srinagar et auraient été suivis par une voiture.
Aux environs de 18h40, ils ont été arrêtés à Shangargund, Sopore. Trois hommes en civil sont montés de force dans la voiture. Lorsque les organisateurs du Tribunal ont demandé des preuves d’identification, les hommes ont répondu qu’ils se présenteraient lorsqu’ils seraient au poste de police. Une fois là-bas, les organisateurs du Tribunal ont à nouveau été interrogés sur leur identité et sur le but de leur visite, et leurs cassettes ont été saisies sous prétexte qu’elles contenaient des informations dangereuses et répréhensibles. Dr Angana Chatterji et l’avocat Parvez Imroz ont souligné le fait que leur travail avait été annoncé publiquement, qu’il était pacifique et légal, qu’il était mené avec l’accord des populations locales, que cela n’impliquait pas de visite dans des zones interdites, et qu’il n’y a aucune raison légale de saisir leurs cassettes. Ils ont été libérés après 16 minutes, mais ont été suivis par une voiture Indica rouge jusqu’à Sangrama.
Dr Angana Chatterji a déjà été harcelée et intimidée peu après la création du Tribunal. En avril 2008, alors qu’elle quittait l’Inde pour se rendre aux États-Unis, elle avait été arrêtée et intimidée au point de contrôle d’immigration. En juin 2008, en revenant en Inde, elle a été victime du même traitement.
Front Line pense que Dr Angana Chatterji et l’avocat Parvez Imroz ont été pris pour cible à cause de leurs actions en faveur des droits humains, et notamment leur travail contre la violence institutionnalisée et les violations des droits humains au Cachemire. Front Line est soucieuse pour l’intégrité physique et psychologique du Dr Angana Chatterji, de Parvez Imroz et de tous les membres de l’équipe du Tribunal.
Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.
Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.