Front Line accueille avec joie la nouvelle de la libération du défenseur des droits humains Brahim Sabbar, le 17 juin 2008, après une peine de deux ans dans la prison civile d’El-Ayoune, aussi connue sous le nom de « Prison Noire ». Cependant, Front Line est préoccupée car sa liberté de mouvement reste très restreinte. Front Line est aussi très inquiète car la police a refusé que d’autres défenseurs des droits humains, notamment les membres de l’Association Sahraouie des Victimes des Violations Graves des Droits de l’Homme Commises par l’Etat du Maroc (ASVDH), lui rendent visite, et certains ont été l’objet d’attaques.
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Publié le 20/06/2008. Brahim Sabbar est le secrétaire général de l’ASVDH, une organisation pour les droits humains indépendante qui n’a pas été autorisée à s’enregistrer auprès des autorités marocaines.
Le 17 juin 2008, vers 5h00 du matin, Brahim Sabbar a été libéré après deux ans passés à la prison civile d’El-Ayoune. Il avait été arrêté avec Ahmed Sbai, membre du conseil d’administration du ASVDH et membre du Comité pour la Protection des Détenus de la Prison Noire, le 17 juin 2006 à Boujdour, au Sahara Occidental, après une rencontre pour l’inauguration de la branche de l’ASVDH à Boujdour. Ils avaient tous les deux été arrêtés peu de temps après que l’ASVDH ait publié un rapport détaillant les allégations d’arrestations arbitraires, torture et mauvais traitements au Sahara Occidental. Le 27 juin 2006, Brahim Sabbar et Ahmed Sbai avait été condamnés à la prison. Entre 1981 et 1991, Brahim Sabbar fut placé à l’isolement à la prison secrète de Kalaat Megouna, où plusieurs autres membres de l’ASVDH étaient aussi détenus. Ahmed Sbai a été libéré à la fin de sa peine le 17 décembre 2007.
Tôt dans la matinée du 17 juin 2008, Brahim Sabbar se trouvait au domicile d'Ahmed Sbai. La maison était encerclée par des policiers, qui ont autorisé Sidi Mohammed Dadach à entrer, mais celui-ci a été violemment attaqué par près de 15 policiers en civils quand il a quitté la maison. Sidi Mohammed Dadach est le président du Comité Sahraoui pour le Soutien à l’Auto-Détermination. Il a passé plus de 20 ans en prison, ce qui fait de lui l'un des prisonniers d'opinion le plus longtemps détenu au Maroc; en 2002, il a reçu le Prix Rafto pour ses actions en faveur des droits humains du peuple sahraoui.
Un certain nombre de défenseurs des droits humains et des membres de l’ASVDH n’ont pas été autorisés à entrer dans la maison. Parmi eux se trouvaient Brahim Dahane, président de l’ASVDH; Bachir Lekhfawni et Dahha Rahmouni, membres du bureau exécutif de l’ASVDH; Najat Akhnibila et Mohammed Fadel Afreitis, membres de l’ASVDH.
Vers 10h00, Brahim Sabbar a quitté la maison d’Ahmed Sbai pour se rendre au domicile de Embarek Hiji, un autre membre de l’ASVDH. La maison d’Embarek Hiji a aussitôt été encerclée par des officiers de police marocains et les gens n’ont pu lui rendre visite. Ahmed Sbai, qui accompagnait Brahim Sabbar, n’a pu s’approcher de la maison.
Front Line pense que Brahim Sabbar et ceux qui souhaitent lui rendre visite, notamment les membres de l’ASVDH, ont été pris pour cible à cause de leurs actions légitimes en faveur des droits humains, en particulier leur travail pour défendre des droits du peuple sahraoui. Front Line craint que ceci fasse partie d’une campagne de harcèlement contre les défenseurs des droits humains au Sahara Occidental. Front Line est soucieuse pour l’intégrité physique et psychologique de tous les membres de l’ASVDH.