Ouganda: accusations portées contre trois défenseurs des droits LGBT, Pepe Julian Onziema, Valentine Kalende et Usaam Mukwaaya

Front Line est profondément inquiète suite aux accusations de violation de propriété portées contre Pepe Julian Onziema, Valentine Kalende et Usaam Mukwaaya. Ils sont tous les trois défenseurs des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) à Kampala, en Ouganda. Pepe Julian Onziema, Valentine Kalende et Usaam Mukwaaya travaillent pour Sexual Minorities in Uganda (SMUG), une organisation qui se consacre à la défense des droits des LGBT. Les accusations ont été portées suite à leur arrestation le 4 juin 2008, après une manifestation pacifique lors de la rencontre « HIV/AIDS Implementers' Meeting », un événement annuel décrit comme une opportunité pour ceux qui mettent en pratique les programmes de lutte conte le sida. Cet événement est co-sponsorisé par le President's Emergency Plan For AIDS Relief (PEPFAR), UNAIDS, la Banque Mondiale, le Global Fund, l’UNICEF, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le réseau mondial pour les personnes vivant avec le sida (GNP+).

Informations complémentaires

Publié le 11/06/2008. Le 4 juin 2008, Pepe Julian Onziema, Valentine Kalende et Usaam Mukwaaya ont été arbitrairement arrêtés lors de la rencontre « HIV/AIDS Implementers' Meeting » 2008 à Kampala, après avoir distribué des tracts et brandi des pancartes au sujet du sida dans la communauté LGBT. Les défenseurs voulaient que le public soit au courant de ce problème en signe de protestation à la déclaration du Dr Kihumuro Apuuli, le directeur général de la commission de l’Ouganda sur le sida, le 2 juin 2008, où il confirmait que les programmes ne s’adresseraient pas à la communauté LGBT, malgré le risque très important que les LGBT contractent le sida. Ils ont été détenus au poste de police de Jinja Road, et ont été libérés le 6 juin 2008.

Un ordinateur portable et deux téléphones mobiles ont été saisis à Pepe Julian Onziema et Valentine Kalende, qui ont pu les récupérer peu après. Usaam Mukwaaya a de nouveau été arrêté le 7 juin 2008, toujours à l’« HIV/AIDS Implementers' Meeting ». Il a été libéré après avoir été détenu pendant quatre heures et demi et il a dû se présenter au poste de police le 10 juin 2008, accusé d’avoir falsifié sa carte d’accréditation qui lui avait permis d’accéder à la rencontre. Le 10 juin 2008, lorsqu’il s’est présenté au poste, les accusations de falsification ont été abandonnées. Cependant, la police a gardé sa carte d’accréditation bien qu’elle doive servir de preuve pour l’audience des trois défenseurs des droits humains le 20 juin 2008. Pepe Julian Onziema, Valentine Kalende et Usaam Mukwaaya sont accuses au nom de la section 305 du Code Pénal Ougandais, pour avoir participé illégalement à la rencontre, et encourent jusqu’à un an de prison.

Même si les trois défenseurs des droits humains possédaient des cartes d’accréditation pour participer à la rencontre, la police n’a pas abandonné les charges de violation de propriété. Cependant, UNAIDS a déclaré à la police ougandaise que la carte de Unaan Mukwaaya n’était pas falsifiée et qu’elle avait été officiellement délivrée aux trois défenseurs des droits humains par les sponsors. Ces derniers ont aussi remis une lettre officielle aux trois défenseurs, en même temps que leurs accréditations.

Front Line pense que les défenseurs des droits LGBT ont été pris pour cible à cause de leur action légitime en faveur des droits humains, notamment leur travail en faveur de la lutte contre le sida au sein de la communauté LGBT en Ouganda.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.