Yémen: le journaliste et défenseur des droits humains Abdul-Karim al-Khaiwani condamné à six ans de prison

Front Line est profondément préoccupée suite à l’annonce de la condamnation à six ans de prison du journaliste et défenseur des droits humains Abdul-Karim al-Khaiwani, le 9 juin 2008. Abdul-Karim al-Khaiwani est l’ancien rédacteur en chef du journal en ligne pro-démocratie Al-Shoura. Il milite en faveur de la démocratie et fait campagne pour la liberté d’expression au Yémen. Il a été nominé pour le prix spécial 2008 d'Amnesty International UK pour les journalistes en danger.

Informations complémentaires

Publié le 10/06/2008. Le 09 juin 2008, Abdul-Karim al Khaiwani a été condamné à six ans de prison par la tribunal pour la sécurité de l’Etat à Sana’a, pour avoir prétendument conspiré avec les rebelles anti-gouvernementaux. Il est accusé d’avoir insulté le président et d’avoir « démoralisé les militaires », mais aussi d’avoir eu des liens avec une cellule terroriste Al-Houthi; ces accusations sont basées sur des articles qu’Abdul-Karim al Khaiwani aurait écrits au sujet de la guerre Sa’ada au Yémen.

Le journal pour lequel Abdul-Karim al-Khaiwani travaille a été fermé et le site internet a été bloqué. Sa famille a aussi été victime de violences physiques et de menaces. En 2004, il avait été condamné à un an de prison pour avoir soutenu Hussain Badr al-Din al-Huthi, un ecclésiastique de la communauté Zaidi. Le 20 juin 2007, il a été arrêté à son domicile pour avoir prétendument noué des liens avec une cellule terroriste al-Houthi. Selon certains rapports, ces accusations sont inventées de toutes pièces. Abdul-Karim al-Khaiwani avait déjà dénoncé des violations des droits de la communauté Zaidi et des droits de toute personne suspectée d'avoir un lien avec al-Houthi. Abdul-Karim al-Khaiwani avait été libéré le 24 juillet 2007 pour des raisons de santé, mais les charges étaient toujours pendantes. Le 27 août 2007, Abdul-Karim al-Khaiwani avait été enlevé et torturé par un gang d’hommes armés. Sa famille a aussi été victime de violence physique et de menace.

Front Line pense qu'Abdul-Karim al-Khaiwani a été condamné à six ans de prison à cause de son action légitime en faveur des droits humains, notamment pour ses actions de promotion de la démocratie et du droit à la liberté d’expression au Yémen. Front Line craint que la condamnation d’Abdul-Karim al-Khaiwani fasse partie d’une campagne de harcèlement contre les défenseurs des droits humains au Yémen. Front Line est inquiète pour l’intégrité physique et psychologique de Abdul-Karim al-Khaiwani et de sa famille.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.