Mexique: cinq défenseurs des droits des indigènes toujours en détention et risque d'arrestation de 10 autres défenseurs

Front line est profondément préoccupée car les défenseurs des droits humains Natalio Ortega Cruz, Romualdo Santiago Enedina, Raúl Hernández Abundio, Orlando Manzanarez Lorenzo et Manuel Cruz Victoriano sont toujours détenus. Ils sont tous membres de l’Organización del Pueblo Indígena Me'phaa’(Organisation du peuple indigène Me’phaa – OPIM) et ont été arrêtés le 18 avril 2008. Ils sont détenus à Ayutla, dans l’Etat de Guerrero, et font partie d’un groupe de 15 membres de l’OPIM dont l’arrestation a été ordonnée le 11 avril 2008. Les dix autres membres de l’OPIM risquent d’être arrêtés à n’importe quel moment. Depuis 2002, l’OPIM œuvre pour la défense des droits des communautés indigènes Ayutla de los Libres et Acatepec, Costa Montaña de Guerrero.

Informations complémentaires

Publié le 30/05/2008. Le 11 avril 2008, le Magistrat du District Judiciaire d’Allende, le Juge Alfredo Sánchez Sánchez, a ordonné l’arrestation de 15 membres de l’OPIM, parmi lesquels le président de l’organisation Cuauthemoc Ramirez, pour le meurtre d’Alejandro Feliciano García, qui aurait été lié à l’armée ainsi qu’à des branches de la police, et qui a été assassiné le 1er janvier 2008. Le 18 avril 2008, cinq membres de l’OPIM ont été détenus dans un lieu entre Ayutla et la communauté d’El Camalote, avant d’être conduits dans un centre de détention de la Police Ministérielle d’Investigation d’Ayutla, où ils ont été victimes de torture physique et psychologique dans le but de les pousser à avouer des crimes qu’ils n’ont pas commis. Les détenus ont dénoncé les faits à des représentants de la Comisión de Derechos Humanos del Estado de Guerrero (Commission des droits humains de l’Etat de Guerrero). Le 23 avril 2008, le juge a émis un ordre de détention pour les cinq défenseurs, sans aucune preuve de leur culpabilité, et sans avoir écouté leurs déclarations.

Selon certaines sources, il n’y a aucune preuve contre les détenus, mais le juge a tenté en vain d’empêcher les détenus de recevoir l’aide d’un avocat pour les droits humains et il a refusé d’entendre leurs déclarations, ce qui signifie que sa décision semble être basée uniquement sur ce que déclare l’accusation. Selon les cinq détenus, ils ont été menacés et torturés avant d’être conduits en prison. Ils seront maintenus en détention durant leur procès, sans avoir la possibilité d’être libérés sous caution. En vertu de la loi mexicaine, ils seront détenus pour un minimum de 10 mois.

L’OPIM reçoit des menaces depuis de nombreuses années. Ces menaces se sont intensifiées depuis que l’organisation a débuté sa campagne au nom de deux femmes indigènes Me’phaa, Inés Fernández Ortega et Valentina Rosendo Cantu, qui auraient été violées par des militaires mexicains en 2002 (la Commission Inter-Américaine pour les Droits de l’Homme -IACHR- enquête actuellement sur cette affaire. L’OPIM milite aussi au nom de 14 hommes Me’phaa de la communauté El Camalote stérilisés de force en 1998 (une affaire que la IACHR a jugé en faveur des victimes -affaire 66/2007). Le 9 février 2008, Lorenzo Fernández Ortega, le frère de Inés Fernández Ortega et membre de L’OPIM, a été trouvé mort et son corps portait des traces évidentes de torture. Aucune autopsie n’a été pratiquée bien que cela soit obligatoire dans ce type d’affaire. Des leaders de l’OPIM, comme Obtilia Eugenio Manuel, sont toujours harcelés et reçoivent des menaces de mort.

Front Line pense que la détention des défenseurs des droits humains Natalio Ortega Cruz, Romualdo Santiago Enedina, Raúl Hernández Abundio, Orlando Manzanarez Lorenzo et Manuel Cruz Victoriano est liée à leurs actions en faveur des droits humains, en particulier leur travail pour défendre les droits des communautés indigènes au Mexique. Front Line est inquiète pour l’intégrité physique et psychologique de tous les membres de l’OPIM et celle de leurs familles.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.