Yémen: le défenseur des droits humains et journaliste Abdul-Karim al-Khaiwani interdit de quitter le pays

Front Line est profondément préoccupée suite aux accusations portées contre le défenseur des droits humains et journaliste Abdul-Karim al-Khaiwani d'avoir des liens avec le terrorisme, et suite au report de son procès qui devait avoir lieu le 21 mai dernier. Abdul-Karim al-Khaiwani est l’ancien éditeur en chef du journal en ligne pro-démocratie Al-Shoura. Il fait campagne pour le droit à la liberté d’expression au Yémen. Il a été nominé pour le prix spécial 2008 d'Amnesty International UK pour les journalistes en danger, mais il pourrait ne pas être en mesure de se rendre à la cérémonie de remise du prix, le 8 juillet 2008, car les autorités yéménites lui interdisent de voyager.

Informations complémentaires

Publié le 26/05/2008. Le 21 mai 2008, Abdul-Karim al-Khaiwani devait être jugé car il est accusé d’avoir insulté le Président et d'avoir « démoralisé les militaires », mais aussi pour ses liens présumés avec la cellule terroriste al-Houthi. Le procès vient d’être reporté. Les charges qui pèsent sur Abdul-Karim al-Khaiwani depuis juin 2007 sont basées sur des articles qu’il a écrit au sujet de la guerre Sa’ada au Yémen. Il risque une longue peine de prison et même une condamnation à mort.

Le journal pour lequel Abdul-Karim al-Khaiwani travaille a été fermé et le site internet a été bloqué. Sa famille a aussi été victime de violences physiques et de menaces. En 2004, il avait été condamné à un an de prison pour avoir soutenu Hussain Badr al-Din al-Huthi, un ecclésiastique de la communauté Zaidi. Le 27 juin 2007, il a été arrêté à son domicile pour avoir soi-disant noué des liens avec une cellule terroriste al-Houthi. Selon certains rapports, ces accusations sont inventées de toutes pièces. Abdul-Karim al-Khaiwani avait déjà dénoncé des violations des droits de la communauté Zaidi et des droits de toute personne qui est suspectée d'avoir un lien avec al-Houthi. Abdul-Karim al-Khaiwani avait été libéré le 24 juillet 2007 pour des raisons de santé, mais les charges étaient toujours pendantes. Le 27 août 2007, Abdul-Karim al-Khaiwani avait été enlevé et torturé par un gang d’hommes armés.

Front Line pense qu'Abdul-Karim al-Khaiwani a été pris pour cible à cause de son action légitime en faveur des droits humains, notamment ses actions afin de promouvoir la démocratie et le droit à la liberté d’expression au Yémen. Front Line craint que ses accusations et l’interdiction de quitter le pays imposée à Abdul-Karim al-Khaiwani fassent partie d’une campagne de harcèlement contre les défenseurs des droits humains au Yémen. Front Line est inquiète pour l’intégrité physique et psychologique de Abdul-Karim al-Khaiwani et de se famille.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.